A force d’entendre parler de la faim dans le monde, on peut en arriver à croire que le problème est insoluble.
Henri G., ingénieur agronome vivant au Burkina Faso et partenaire du S.E.L. pour des projets agricoles, préfère tenir un autre discours.
L’intérêt de son propos, c’est qu’il le met en pratique dans quelques villages… et que ça marche !
Laissons-lui la parole.
Les famines en Europe ne sont pas si anciennes
Les difficultés du Burkina Faso,
ce sont celles qu' a connues l'Europe pendant des siècles et des siècles.
Les dernières famines en Europe datent du milieu du 19ème siècle. Cela ne remonte pas à si loin que cela.
Et ces famines ont bel et bien été éradiquées !
Mais d'où vient le problème, alors ?
Le problème principal est le suivant : les paysans burkinabés de la région pratiquent
une agriculture inadaptée à la croissance de la population.
Le Burkina Faso a une révolution à faire dans le domaine agricole, révolution qui a été faite en Europe sur plusieurs siècles.
Et changer de techniques agricoles
implique un changement de mentalité et cela prend du temps.
La technique traditionnelle
Elle consiste à défricher la forêt (en brûlant), ce qui permet d’obtenir des sols dont les rendements sont très bons… mais pour deux ou trois ans seulement.
Ensuite l’humus se dégrade et il faut passer à une autre terre.
Tant que la population est peu nombreuse, cela ne pose pas de problème, car au bout de quelques dizaines d’années, la terre se régénère et on peut y revenir.
Mais quand la population croît vite, les gens reviennent plus rapidement sur les mêmes terres…
Zaï et jachère
Depuis 15-20 ans, j’ai mis en œuvre
des techniques agricoles simples pour retenir l’eau, préserver la qualité du sol (arrêter le brûlis, pratiquer une rotation culturale, la jachère pâturée, le Zaï : technique qui consiste à semer dans un creux de terre empli de fumier afin de retenir l'eau…) en utilisant le minimum d’intrants (pas d’engrais ou de pesticides).
Le résultat est là : par des moyens techniques relativement simples, les rendements sont multipliés par 2 ou 3, voire 5 !
Est-ce si simple ? Oui et non…
Tous les problèmes liés à l’agriculture dans les pays en développement ne se résoudront pas de la sorte : on ne saurait faire l’impasse sur les aspects politiques ou sur l’organisation du commerce international par exemple.
Mais l’exemple d’Henri Girard montre qu’
il est faux de penser que nous ne pouvons rien faire et que rien ne change.
Dans certaines situations, de bons projets de développement bien menés font une différence considérable dans la vie de ceux qui en bénéficient et qui se les approprient.
Poster un commentaire
Top Chrétien vous propose de vous identifier avec votre compte Facebook pour, par exemple, poster un commentaire.
Un simple clic sur le bouton Connect et le tour est joué...
En savoir plus ?
Vos commentaires (3)