Gisèle : battue, exploitée...
D’après un texte tiré du livre* « Paroles aux jeunes » - Stop pauvreté 2015 - Défi Michée Suisse  |  11 commentaires  |  Lu 1149 fois
       
 
Je m’appelle Gisèle, j’ai 17 ans, j’habite au Bénin et je sais depuis peu que Dieu m'aime ! J’ai connu des années très difficiles. Mais maintenant, je suis dans un internat, je vais à l’école : mon rêve !
Jusqu’à l’âge de 4 ou 5 ans, mes souvenirs sont très vagues. Je vivais dans mon village natal au bord de l’océan, avec mon père pêcheur, ma mère et mes trois frères et sœur.

Un matin, ma mère m’a amenée hors de mon village natal pour me placer chez sa sœur qui avrait réclamé ma garde avant ma naissance. Au Bénin, beaucoup d'enfants (appelés Vidomegon) sont placés chez leur tante ou oncle. Comme tous ces enfants, je n'ai pas eu le choix.



Solitude et mauvais traitements

Dans ma nouvelle résidence, je n’ai pas tardé à me sentir isolée…Je ne mangeais pas au même moment que les autres, devais me coucher tard et me réveiller plus tôt.

Sans que je comprenne pourquoi, les châtiments corporels sont devenus mon lot quotidien. J’ai été sauvagement battue par ma tante – qui me traitait d'incapable - et par son mari pour la moindre « faute » : pour avoir mangé un poisson, perdu de l’argent, parce que je n’étais pas revenue assez vite à la maison…

Pour me frapper, ils se servaient de tous les objets ou ustensiles qu’ils trouvaient. J’ai été souvent attachée pendant plusieurs jours aux bras et aux pieds comme un animal qu’on mène à l’abattoir.


Souvent, on me frappait pour des fautes que je n’avais pas commises. Je me souviens notamment d'une accusation pour un vol d'argent : après m'avoir coupée à la main droite, ma tante a écrasé du piment rouge sur la plaie avec satisfaction, en disant : « Tu t’en souviendras toujours et tu le montreras à tes enfants ».

Comme s’il était nécessaire de me justifier encore maintenant, il me plaît de vous clamer mon innocence : je n’avais vraiment pas pris cet argent.

Ma tante avait raison, je me souviendrai toujours de ces sévices : aujourd’hui, j'en garde les traces physiques, et les traces au fond de mon cœur : quand j'y pense, j’ai la gorge serrée et sèche, je me sens révoltée…

Mais j’apprends à remettre toutes ces choses à Dieu pour me sentir en paix.


Les filles, des proies faciles

Dans cette même période, j’ai vécu une autre mésaventure avec un vieil homme à qui je vendais à manger dans la rue.

Profitant de ma naïveté, il m'a fait entrer dans sa chambre, où il a enlevé sa ceinture et défait son pantalon. Quand je me suis précipitée dehors, il m'a poursuivie… Heureusement, sa fille est entrée à ce moment précis dans la maison, et a ouvert le portail pour me laisser sortir.

Qu’avait-elle compris ?

Elle aussi devait être souvent victime de tels abus
, tout comme d’autres filles qui pratiquent ce porte à porte, jusqu’à ce qu’elles se retrouvent enceintes ou malades.

Les parents devraient faire quelque chose pour protéger leurs filles !




Une issue hors de cet enfer

Un jour, ma grande sœur Jeannette est venue me chercher chez ma tante. Des voisins s’étaient organisés pour dénoncer ma tante à la gendarmerie.

J’ai été placée dans le Centre d’accueil Anfani* (qui signifie "bien-être) qui s’occupe d’enfants en difficulté. Et j’ai eu le bonheur de voir se réaliser mon rêve le plus beau : aller à l’école. 

Après quelques mois où j'ai subi quelques moqueries à cause de mon âge - 13 ans - j'ai gagné l'amitié et le respect de mes camarades. Il faut dire que j’avais toujours les meilleures notes !

Au bout de plusieurs années de travail acharné, je suis maintenant au collège, en classe de 5e. Cela signifie que j’ai accompli 8 programmes scolaires en 5 ans de scolarité. C'est pour moi la preuve qu'il n'est jamais trop tard.


J’ai découvert aussi ici l’amour de Dieu pour moi.
J’ai choisi de mettre ma confiance en Lui. Cela me réussit !


* Le livre "Paroles aux jeunes" peut être commandé auprès de Stop Pauvreté 2015

* *Le Centre d’accueil Anfani est l'un des projets Ticket-Repas soutenus par les donateurs du S.E.L.


 

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Vos commentaires (11)

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Posté le 1 Décembre 2010 à 20h48
Gisèle soit bénie et protégée des hommes violents et des escrots ..Que le Seigneur T"aide à devenir ce qu"il veut que Tu deviennes ! Shalom!
 
Posté le 11 Novembre 2010 à 18h33
ma sœur Gisèle que l'amour de Jésus remplie ta vie et de sa main tu puise marcher ver un avenir plain de bonne choses QUE DIEU TE BÉNIS
 
Posté le 11 Novembre 2010 à 16h59
Dieu aime chacun de nous. Nous devons aussi aimer tous nos semblables. Nous devons protéger ceux qui sont faibles. Les femmes et les enfants sont souvent des victimes. Mais c'est l'ignorance qui conduit certains à faire souffrir ou humilier leurs semblables. C'est pourquoi il est essentiel d'éduquer tous les hommes, de leur donner la connaissance essentielle sur Dieu, la vie et ce qu'est l'homme. Ce n'est que lorsque l'homme aura la pleine conscience de cela qu'il saura vraiment aimer son semblable et son Créateur.
 
Posté le 25 Octobre 2010 à 16h46
Gloire à Dieu qui fait toutes choses nouvelles en restaurant les vies les plus abîmées!
 
Posté le 24 Octobre 2010 à 22h29
Bonjour Gisèle, je n'ai pu m'empêcher de lire ton histoire jusqu'au bout...consternée et bouleversée!!!Dieu est GRAND!!! Il t'a sauvé du danger...Que son Nom soit loué...Je ne peux m'empêcher maintenant de penser à toutes celles qui passent encore par ces moments difficiles...
 
Posté le 23 Octobre 2010 à 21h09
Désolé pour tes souffrances ma soeur Giséle que tu a subit Tinquiete pas maintenant Dieu c'est tout ce qui se passe dans ce monde depuis le commencement et jusqu' a la fin du monde sur cette terre ceux qui t'on fait du mal seront jugé par notre Seigneur Jésus Christ je prie pour toi ce soir que notre Pére éternel te bénisse richement dans ta vie de tout les jours Amen
 
Posté le 23 Octobre 2010 à 17h08
Ton témoignage est vraiment bouleversant car moi aussi j'ai connu le viol que je n'ai jamais pu parler à ma mère, elle est morte il n'y a pas longtemps elle ne l'a jamais su, j'avais peur qu'elle ne tombe malade maintenant j'ai 49 ans et je m'en souviens encore j'ai quand même eu la force d'en parler à mes soeurs l'année dernière, cela m'a fait du bien d'ailleurs je les ai retrouvées car elles ne comprenaient pas pourquoi j'étais violente envers elle et ma mère, elles pensaient d'ailleurs que je ne les aimais pas, je voulais tellement les protéger et maintenant je souffre en silence, j'ai de grands enfants et aussi grand-mère, je me suis mariée il n'y a pas longtemps mais mais cet homme avec lequel je me suis mariée n'aime pas mes enfants alors je les protège mais je sais qu'un jour notre Seigneur me libérera de cet homme, en tout cas bon courage à toi et que notre Seigneur puisse te bénir. amen
 
Posté le 22 Octobre 2010 à 17h18
Comme il est bon et miséricordieux, il t'a aimée, et ainsi, il t'a aussi sortie de ce bourbier. Comme tu as dû avoir mal, Gisèle ! Mon coeur est bouleversé ! C'est bien que tu aies pardonné ! Tu as été orpheline en fait, alors que tes parents étaient là. Et sa parole dit qu'il n'abandonne jamais un orphelin. Tu verras, ton avenir sera brillant car sa Fidélité est de toujours à jamais. Tu ne manqueras pus jamais de rien, et ta sagesse est déjà si grande. Continue à t'instruire, et surtout, à lui rester fidèle. Sois bénie, merveilleuse jeune fille.
 
Posté le 22 Octobre 2010 à 14h22
Ce témoignage est très émouvant. Je suis réjouis que Dieu ait délivré Gisèle de ces attrocités. A toi Gisèle, sois ferme dans ton engagement avec Dieu, mets en Lui toute ta confiance et Il agira. Que Dieu te fortifie et t'utilise pour sa gloire au nom du Seigneur Jésus-Christ !
 
Posté le 22 Octobre 2010 à 13h05
Le silence de la socièté face à des atrocités pareilles est condamnable, et ils sont très nombreux, ces enfants qui vivent l'inimaginable des souffrances et ce, dans l'indifference totale de toute l'humanité.
 
Posté le 22 Octobre 2010 à 12h13
Ces pratiques sont monnaie courante dans nos contrées africaines. Il nous faut une synergie d'action pour lutter contre elles. Je pense qu'en plus des centres d'accueil que nous devons soutenir, il nous faut sensibiliser la population pour un changement de comportement. le rôle de l'Etat est important également car il peut décreter des lois qui reprimandent de telles pratiques. Un plaidoyer est donc nécéssaire. Que la grace du Seigneur accompagne ce centre d'accueil.