Haïti : école, tempête et élections
Rachel C.  |  Lu 788 fois
       
 
9 mois se sont écoulés depuis le tremblement de terre à Port au Prince. Alors que l’école reprend difficilement ses droits dans le quotidien des haïtiens, les intempéries liées à la période des pluies rendent compliquée l’organisation d’une nouvelle vie. Les débuts de la campagne électorale se placent sous le signe de l’incertitude.
Reprise de l’école difficile

Officialiser l’ouverture des écoles n’aura pas suffi à rendre possible la rentrée scolaire à Port au Prince. Le 4 octobre dernier, date officielle de la reprise des cours selon le calendrier académique, très peu de jeunes haïtiens ont pu, ne serait-ce que pénétrer dans une salle de classe.
Les raisons sont multiples :
  • La plupart des structures scolaires ne sont pas encore en état de recevoir les élèves, très peu de travaux ont été entrepris en ce sens depuis le séisme de janvier.
     
  • Les parents n’ont plus les moyens de payer les frais de scolarité (80% des écoles haïtiennes sont privées) ou le matériel nécessaire.
     
  • Les enseignants ne perçoivent pas de salaire et sont démotivés voire absents.
Malgré ses promesses, le gouvernement ne semble pas pouvoir répondre immédiatement à la demande des parents et syndicats d’alléger les frais de scolarité et fait appel pour le moment à « l’esprit de solidarité » des acteurs de l’éducation.

On estime à 500 000 le nombre d’enfants non scolarisés. Pour rappel, le tremblement de terre a provoqué la destruction de 4 200 écoles et la mort de 38 000 élèves, 1400 enseignants et 150 personnes du ministère.


Après le séisme vient la tempête

Une tempête a sévi le 24 septembre dernier tuant 5 personnes et blessant des dizaines d’haïtiens. Les abris de fortunes construits huit mois plus tôt ont pour la plupart eu du mal à résister aux vents violents, laissant la population, déjà en situation précaire, encore plus démunie.


Au delà des conséquences matérielles, l’impact psychologique reste majeur. Les enfants sont les plus sensibles à ce sujet. Déjà fortement traumatisés par les événements de janvier dernier, ils sont à nouveau privés de repères et de sentiment de sécurité.
L’aide s’organise, mais tant que la saison cyclonique n’aura pas pris fin, tous resteront sur le qui-vive.


Prions pour les élections...

Le début des campagnes électorales présidentielle et législative prend ses marques dans un climat particulier à Haïti :  l’intérêt porté par la population paraît minime et le taux de participation aux votes promet d’être faible.

Les haïtiens ont d’autres soucis que de voter même si la reprise d’une vie politique et les programmes proposés par les candidats sont plus qu’essentiels en cette période de reconstruction.

Par ailleurs, il semblerait que certains candidats ne respectent pas les règles de la loi électorale selon le Conseil électoral provisoire (Cep). Ce qui n’aide pas à créer un climat de confiance auprès de la population.

La campagne ouverte le 27 septembre s’achèvera le 26 novembre. Verdict le 28 novembre, jour des votes.


Sources : Unicef, le S.E.L, le Monde.fr

Tags :  Haiti,  tempête,  école,  elections 
 

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