Secourir les pauvres ou réformer une société qui engendre la pauvreté ?
d'après Jacques Blandenier, extrait du livre "Les pauvres avec nous"  |  5 commentaires  |  Lu 762 fois
       
 
On ne saurait citer de verset biblique faisant office de réponse toute faite à la question soulevée : notre mission est-elle avant tout d'ordre caritatif (du mot charité : secourir les victimes de la pauvreté) ? Ou avons-nous également la responsabilité d'une action sociale au sens premier du terme, c'est-à-dire touchant au fonctionnement de la société – donc, en fait, politique ?
Sans doute est-ce une question de vocation (et de responsabilité) personnelle, mais aussi de contexte historique.


La charité, un risque ?


John Stott pose la question en ces termes :

" Certaines situations de détresse ne peuvent se résoudre sans une véritable action politique.

En cherchant uniquement à venir en aide aux personnes en difficulté, ce qui est certes louable, on risque de justifier et d'excuser la situation qui cause leurs souffrances.

Donner de la nourriture à ceux qui souffrent de la faim est toujours une excellente chose, mais il est encore préférable de supprimer les causes de la famine.

Ainsi si nous aimons notre prochain et désirons vraiment le servir, notre service devra peut-être passer par l'action politique."

"Devra peut-être passer", dit prudemment l'auteur…


Pourquoi cette prudence ?



Les chrétiens évangéliques, en raison du regard pessimiste qu'ils portent sur le monde voué au jugement, et aussi de leur statut minoritaire et généralement dépourvu de reconnaissance officielle par l'Etat, ont manifesté, du moins jusqu'à récemment, peu d'attirance pour l'engagement politique.

Ou, quand ils s'y sont risqués, ils se sont plutôt concentrés sur des problèmes liés à l'éthique individuelle (mœurs sexuelles et familiales).


Compromis et compromission


Inexpérimentés et démunis face à la complexité des problèmes économiques, ou marqués par une volonté d'absolu qui n'a pas de prise sur le concret, ils tendent à confondre "compromis" et "compromission".

Or, selon le Petit Robert , le premier de ces termes signifie "arrangement dans lequel on se fait des concessions mutuelles"- ce qui est moralement légitime voire nécessaire – et le second "acte par lequel on transige avec sa conscience" ce qui est à proscrire !

Il n'y a pas de politique sans compromis (sauf pour les dictatures…et ceux qui prétendraient instaurer le Royaume de Dieu sur la terre !).

Mais il y a des politiciens, chrétiens ou non, qui refusent les compromissions, même si le combat est difficile.


Il en faudrait un plus grand nombre !



Commander le livre "Les pauvres avec nous" (7 € ).



Tags :  polique  engagement  social  société  charité   
 

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Vos commentaires (5)

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Posté le 3 Novembre 2010 à 18h47
Jésus seul a la vrai solution,éterneeeeeelle.
 
Posté le 3 Novembre 2010 à 18h46
Que Jésus nous aide.
 
Posté le 3 Novembre 2010 à 17h35
S'occuper de quelqu'un et l'amener à prendre l'ascenseur social est une victoire individuelle reflétant l'amour de Dieu qui aime chaque humain. Un des fondateurs des USA disait "il faut absolument que les gens honnêtes s'occupent des affaires publiques pour ne pas laisser les crapules prendre la place".
 
Posté le 3 Novembre 2010 à 17h12
Cetains problèmes nous dépassent alors je crois qu'il est primodial avant tout de prier pour que Dieu agissent dans le coeur des dirigeants et de tous ceux qui gèrent les pays , car sans Dieu que pouvons nous faire ? Pas grans chose à mon avis , semer un peu par çi , par là ! Mais il y a tant à faire ... Que le Seigneur permette que des hommes et des femmes qui l'aiment agisse partout et qu'il y aie un peu plus de compassion dans ce monde pour les perdus !
 
Posté le 3 Novembre 2010 à 13h03
Secourir les pauvres ou ... réformer la société. Je dirai les 2. N'attendons pas que la société change, tout en laissant les plus démunis ds leur désespoir. Je n'ai pas spécialempent un tel don, mais des chrétiens convaincus devraient davantage s'engager politiquement. La "POLITIQUE , TERME NEGATIF, QUI FAIT PEUR .... provoque une allergie ... soyons plus ouvert au monde (non pas le compromis, mais par soucis du service), afin de pouvoir apporter le témoignage d'Amour du père autour de nous, afin que la force de la croix, du pardon, de la paix que nous offre le Christ, puisse rayonner, toucher les coeurs, non pas que changer la société, mais "l'être" de chacune, chacun sur Terre. Mesdames, Messieur vous qui en avez les capacités, le don, ne fermez pas votre coeur vers une telle vocation. Oui certe, l'engagement politiques est un sacrifice, c'est être appelé à être "lapidé" publiquement, à être démenti, Mais cherchez quelle est la voie que le Père veut ouvrir avec votre engagement ... La grande majorité des prophètes avaient un engagement public, conseillaient les rois, avaient des appels de dirigeants ....