
- Me voilà encore reparti, mais je me demande bien pourquoi je me fatigue à aller pêcher chaque jour puisque je sais déjà que je ne vais rien rapporter, ou presque. J’en ai assez de cette vie misérable, marmonnait Nabi en donnant des coups de pieds dans les cailloux qui se trouvaient sur son chemin.
Une fois arrivé au bord du petit cours d’eau, il s’assit comme chaque jour sur la rive et installa sa canne et son filet maintes fois rapiécé.- Bonjour, la pêche est-elle bonne aujourd’hui ?
Nabi tourna la tête et aperçut un vieil homme dont les vêtements étaient déchirés et qui semblait encore bien plus pauvre que lui.- Bien sûr que non, répondit-il, toujours furieux.
Le vieil homme s’approcha alors de lui et lui tendit un poisson.- Tiens, voici un poisson pour toi, lui dit-il. Je te le donne avec grand plaisir.
Nabi regarda le poisson ; il était assez gros et bien en chair. Où l’avait-il donc pêché et pourquoi le lui donnait-il ?- Non merci, répondit-il, méfiant. Je préfère pêcher mes propres poissons.
- Comme tu voudras…
- C’est tout ? lui dit sa femme, comme tous les soirs. Mais quand nous ramèneras-tu donc un poisson digne de ce nom ?
Et Nabi lui raconta sa mystérieuse rencontre.- Tu as bien fait de refuser, cet homme est sans doute un homme mauvais, peut-être a-t-il voulu te jeter un sort.
- Bonjour, lui dit l’autre, la pêche est-elle bonne aujourd’hui ?
- Non vieil homme, elle n’est pas bonne et je ne veux pas de ton poisson.
- Tu as tort, lui répondit le vieil homme, mon poisson est bon. Accepte-le, s’il te plait.
- Es-tu fou ! cria sa femme lorsqu’il le lui montra. Si nous mangeons de ce poisson, le malheur va s’abattre sur nous, c’est certain !
- Mais je n’ai rien pêché aujourd’hui, répondit Nabi.
- Tant pis, attendons demain. Ce vieil homme pauvre n’a aucune raison de te donner ce poisson, et je t’interdis dorénavant d’accepter quoi que ce soit de lui.
- D’où vient ce poisson ? lui demanda sa femme, méfiante, lorsqu’il le sortit de son sac.
- C’est moi qui l’ai pêché ! mentit Nabi.
- C’est sûrement parce que j’ai le ventre plein, se disait-il.
- Bonjour vieil homme, hier soir j’ai mangé ton poisson et je me suis senti heureux. M’as-tu jeté un sort ?
- Non mon enfant, je ne t’ai jeté aucun sort. Assieds-toi et écoute-moi à présent. Sais-tu quel jour nous sommes aujourd’hui ?
- Non je l’ignore, chaque jour est pareil au prochain et au précédent, répondit Nabi.
- Aujourd’hui nous sommes le 25 décembre, le jour de Noël.
- Je crois en avoir entendu parler, marmonna le pêcheur en hochant la tête.
- Ce jour-là, nous célébrons l’anniversaire de Jésus. Parce qu’un jour, Jésus qui est le fils de Dieu, est venu sur la terre. Il est venu nous parler de Dieu et de ses enseignements, il a accompli des miracles et puis il est mort pour réconcilier les hommes avec Dieu.
- Pourquoi me racontes-tu tout cela ?
- Parce que 3 jours après, il est ressuscité et que depuis, il continue à nous aider. Je suis venu partager cette histoire avec toi pour que tu découvres Jésus et que tu sois sauvé toi aussi. Et parce que c’est Noël, j’ai tenu à partager ce poisson avec toi, pour que tu te souviennes que si tu crois en Jésus, tu seras sauvé. Voilà le vrai cadeau.
Comme ce vieil homme, vivons Noël en partageant nous aussi
notre pain et notre foi, apportons au pied du sapin des cadeaux qui durent,
des cadeaux éternels.
Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés ; et marchez dans la charité, à l'exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s'est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur.
(Ephésiens 5 : 1-2)
