Du 16 au 25 octobre 2010 s’est tenu au Cap (Afrique du Sud), le troisième congrès de « Lausanne » pour l’évangélisation du monde.
La question de la responsabilité sociale des chrétiens y a aussi été abordée.
J’ai eu l’occasion de participer à cet événement ;
le souvenir de ces milliers de chrétiens célébrant le Seigneur ensemble – et dans tant de langues différentes – restera pour moi une expérience inoubliable.
Lors des séances plénières du matin, nous étions assis autour de tables de 6 personnes maximum, regroupées par langue, mais pas par zone géographique. Cette disposition en petits groupes permettait des temps de discussion et de prière en commun. Pour ma part, je me suis trouvé avec une sœur et deux frères africains francophones, chacun issu d’un pays différent.
UN VASTE REGARD SUR L'EGLISE ET SUR LE MONDE
Le mouvement de Lausanne est né dans les années 70 et sa vision se résume dans le slogan :
« L’Église entière apportant l’Évangile entier au monde entier. »
Il est donc question d’évangélisation dans les congrès de Lausanne, mais aussi de tout ce qui touche à la manière de vivre l’Évangile au sein du monde d’aujourd’hui.
LA RESPONSABILITE SOCIALE DES CHRETIENS
Depuis le premier congrès en 1974,
la question de la responsabilité sociale des chrétiens a toujours été l’un des thèmes clés au sein du mouvement de Lausanne.
Samuel Escobar écrivait dans un texte rédigé à cette occasion :
« C’est ce pouvoir transformateur de l’Évangile qui le distingue d’une simple religion. Dans de nombreuses religions, le « salut » est conçu comme une manière de sortir des réalités de la vie sociale, politique et matérielle. On pourrait la comparer à une drogue qui aide les gens à faire un voyage imaginaire hors de la réalité.
Mais Christ crée un homme nouveau à l’intérieur de la réalité, et par l’homme nouveau transforme la réalité. »
L’engagement du Cap, texte issu du congrès de 2010, affirme dans la même ligne :
« Le contexte de toute notre mission est le monde où nous vivons, le monde de péché, de souffrance, d’injustice et de désordre créationnel, dans lequel Dieu nous envoie pour aimer et servir pour l’amour du Christ. Toute notre mission doit donc refléter l’intégration de l’évangélisation et l’engagement convaincu dans le monde, les deux étant commandés et poussés par la totalité de la révélation biblique de l’Évangile de Dieu. »
Le texte insiste notamment sur le fait que
les actes de compassion envers les pauvres doivent aller de pair avec la recherche de davantage de justice dans la société. L’« engagement convaincu dans le monde » demande une attention particulière pour ceux qui vivent dans la pauvreté.
Plusieurs interventions ont mis l’accent sur les questions de pauvreté et d’injustice.
Certaines pouvaient être dérangeantes :
- Pour notre style de vie matérialiste, consumériste, égocentrique
- Pour une conception comme l’«Évangile de la prospérité » qui suggère que la possession des choses matérielles est un indicateur nécessaire d’un christianisme authentique et de l’approbation de Dieu.
A VOUS DE JOUER !
Un congrès comme celui-ci est très intéressant et très enrichissant pour les participants… mais il ne sera vraiment utile que si les chrétiens du monde entier peuvent se l’approprier.
Je souhaiterais que toutes les Églises de France choisissent de le lire, de le méditer et de le discuter en communauté. Ce serait un exercice exigeant (le texte est un peu long !) : mais il en vaudrait la peine.
http://conversation.lausanne.org/fr/conversations/detail/11544
Le résultat de Lausanne III sera ce qu’en feront les chrétiens et les Églises locales un peu partout dans le monde.
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