Haïti : que la page de l'année passée soit définitivement tournée.
Philippe Verseils - Plateforme Haïti -  |  2 commentaires  |  Lu 853 fois
       
 
Sur place en Haïti, un pasteur formule des voeux...
Une année 2010 comme ponctuée chaque trimestre par une nouvelle catastrophe

Il y a eu d'abord l'inimaginable drame du tremblement de terre, puis la période des tempêtes et de l'ouragan Toma, suivie de l'épidémie fulgurante du choléra pour terminer sur une crise électorale majeure marquée par la fraude et la violence.

Les voeux échangés en ces derniers jours de l'année sont lourds de sens et d'espérance : 2010 est fini ! Que 2011 soit une NOUVELLE année ! Que la page de l'année passée soit définitivement tournée !

Nombreux sont ceux qui portent les cicatrices des épreuves passées et leurs traces n'ont pas disparu. Les décombres aux coins des rues et les nouvelles victimes du choléra en sont les témoins quotidiens.

Mais l'inquiétude nouvelle, celle qui fait surgir l'angoisse d'une nouvelle épreuve, c'est la crainte palpable d'une crise politique majeure. L'ancien président provisoire haïtien Boniface Alexandre (au pouvoir de 2004 à 2006) a dit à la radio dernièrement  "craindre que la crise politique actuelle née de la contestation des résultats de l'élection présidentielle ne débouche sur une guerre civile".


Incertitude, inquiétude, désillusion...


Le constat que je fais, à partir de ce que je perçois autour de moi dans l'agitation particulière de cette période de fin d'année, renforce sans doute le sentiment véhiculé par bien des médias d'un pays qui s'enfonce sans cesse dans le désordre et l'horreur.

C'est peut-être oublier trop vite que les chocs les plus violents obèrent la capacité de vivre des plus solides.

C'est oublier que les traumatismes demandent beaucoup de temps, de patience, de persévérance et d'accompagnement pour ne pas aspirer sans cesse ceux qui les portent au plus profond d'eux mêmes dans le cercle vicieux de la désespérance.

C'est oublier que la reconstruction la plus difficile, la plus longue et la plus incertaine c'est celle des êtres humains qui, pour cela, n'ont pas tant besoin d'argent ni de technique que de semblables qui les accompagnent, qui croient en eux quand ils n'arrivent plus à le faire eux-mêmes, qui les aident à retrouver les seules forces qui reconstruiront ce pays, les leurs !

C'est à ce chantier que je m'attelle avec enthousiasme et je peux vous dire que ce sont des forces partagées qui nous portent ensemble et nous gardent optimistes pour cette nouvelle année 2011.

La vie, la vraie, celle qui fait se lever, se battre, rire, s'aimer et pleurer aussi s'est enracinée à jamais dans le coeur de ceux qui croient en elle et dans la force de la fraternité. Elle est fragile mais éternelle. C'est ce royaume présent mais insaisissable annoncé par le Nazaréen qui est venu "proclamer une année de grâce. »

Ici aussi, en Haïti.

Bon nouvèl ane 2011 pou tout moun


Philippe Verseils
Envoyé du Service protestant de mission (Défap) en Haïti pour assurer le suivi des projets soutenus par la Fédération protestante de France en collaboration avec la Fédération protestante d’Haïti.

La Plateforme Haïti est un espace informel de concertation et de coordination des organisations liées au protestantisme français et engagés en solidarité avec Haïti.


Tags :  haiti,  action  protestante,  espoir 
 

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Vos commentaires (2)

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Posté le 12 Janvier 2011 à 11h29
Oui, mais comme d'habitude. Nous constatons que tout l'argent envoyé n'est pas utilisé . Où se trouve-t-il ? A chaque catastrophe c'est la même chose et à chaque fois je redis la même chose je ne me ferai plus avoir et à chaque fois, c'est pareil. Les sinistrés, crèvent de faim sous des tentes, dans l'insalubrité, le choléra etc.... Où est passé l'argent des dons? Avec ces milliards ils pourraient être à l'abri ces pauvres haïtiens. Non, ils sont encore dans leurs ruines dans la saleté et les eaux sales. Seigneur veuille les bénir. Et pardonner à ceux qui profitent de l'argent des pauvres. Qu'ils soient bénis eux aussi.
 
  Réponse de geogui (France)
Posté le 12 Janvier 2011 à 14h40
Et là...on ne peut encore accuser ni le "ciel",ni le sort! Qui fera comprendre à ceux qui ont le pouvoir de "décider", qu'il est urgent d'agir??? Ils se chamaillent pour être à la tête du pays,alors que leurs concitoyens crèvent de misère!Je me refuse à croire que la fatalité est seule responsable de tous ces maux!