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27 Mai 2006 -
Interview exclusive du député Jacques Myard sur la République, les religions et la femme !
Par Paul Ohlott
France  |  Source : TopInfo  |  Lu 8352 fois  |  264 votes
Jacques Myard est le député de la 5ème circonscription des Yvelines. Très à l’aise dans l’art de la provocation, il ne dissimule pas non plus son agnosticisme et sa passion pour l’Histoire des religions. Bien qu’il se plaise à se présenter comme un «mécréant de première», il affiche un respect certain pour la foi de ses contemporains, mais n’accepte en aucun cas une quelconque instrumentalisation de celle-ci. Gare aux pernicieux, il se dresse sur le chemin de tous ceux qui osent toucher à la République et ses sacro-saintes valeurs! Sur la scène politique justement, il s’exprime sur le sujet polémique de la condition de la femme au sein des religions, en proposant depuis le 26 avril une loi «visant à lutter contre les atteintes à la dignité de la femme résultant de certaines pratiques religieuses».
C’est l’Islam, naturellement, qui est la première religion concernée. Il se veut en outre rassurant envers les Chrétiens, en affirmant que contrairement au Coran, «dans la Bible, il y a une dynamique du progrès». Quoi qu’il en soit, après sa loi enregistrée le 20 février 2002, «visant à garantir la laïcité et la neutralité du service public de l’éducation», Jacques Myard tape à nouveau du poing sur la table !

 

Propos recueillis par Paul Ohlott.

Paul Ohlott : «L’Islam est-il selon-vous incompatible avec le système républicain occidental?»

Jacques Myard : «Il y a un véritable problème avec l’Islam, parce que la vérité islamique, c’est la lettre. Comme le dit le cardinal Lustiger, cette religion n’a pas passé le dogme à l’aune de la raison. Et le drame, c’est que dans cette religion, il y a tout et son contraire. S’il n’y a pas plusieurs lectures possibles et que tout est dicté par Dieu, il n’y a pas d’évolution réalisable. Si l’Islam cherchait à s’adapter, il recouvrirait une forme hérétique pour un grand nombre de musulmans. Par ailleurs, le Coran est accepté comme un code civil dont les conduites sont figées. Il faut donc impérativement reconnaître que la lecture imposée du Coran est problématique. Aujourd’hui, dans l’Islam, il y a un retour à la lettre, un retour à un fondamentalisme rigoureux. On constate d’ailleurs que ceux qui revisitent le message coranique sont en danger de mort et il y en a un certain nombre qui se sont réfugiés sur notre territoire. Soyons francs, il est manifeste que la lecture première du coran est totalement incompatible avec nos sociétés démocratiques, et notamment en ce qui concerne l’égalité des sexes et la dignité de la femme. Dans ces conditions, on a un réel problème et il ne faut pas mollir! C’est pour cette raison que j’ai déjà été à l’origine, en 2002, de la loi ‘’visant à garantir la laïcité et la neutralité du service public de l’éducation’’. Maintenant, il faut franchir une étape supplémentaire, parce que les fondamentalistes sont des gens qui testent les limites et qui ne respectent rien d’autre que la fermeté. Ce sont des gens qui vous méprisent et avancent avec l’impudence du fanatisme».

«On aurait pu la confondre avec un sac de pommes de terre!»

Paul Ohlott : «Quel a été l’élément déclencheur de cette nouvelle proposition de loi?»

Jacques Myard : «Il y a quelques mois, j’étais dans les Yvelines et je me suis promené dans un zoo. Et ce jour là, j’ai vu une femme traînée par son mari. Lui était un barbu et elle était complètement emmitouflée. Si elle avait été immobile on aurait pu la confondre avec un sac de pommes de terre. Elle était complètement ‘’belphégorisée’’ (NDLR: fantomatique). J’ai trouvé cela totalement intolérable et je me suis dit qu’il était temps de réagir. C’est une atteinte à la dignité de la femme et à l’égalité des sexes, c’est complètement contraire à nos lois civiles et à notre conception de la vie en société, il faut en finir avec cette pratique! Et je militerai pour que le gouvernement tranche dans ce sens».

Paul Ohlott : «Votre proposition de loi vise-t-elle à protéger la France des dérives inquiétantes comme celle de la loi sur l’apostasie, adoptée par certains pays musulmans?»

Jacques Myard : «Il est clair que non seulement il faut nous protéger contre les dérives, mais il faut ouvrir les yeux. Si nous laissons reconnaître des Etats de ce type, c’est la prédication de la loi personnelle, comme on l’a eu au Canada et dans d’autres pays. Il faut avoir le courage de dire que cette lecture de l’Islam est incompatible avec nos sociétés. Il faut arrêter de tergiverser. Nous sommes dans deux mondes de civilisation. L’huile et l’eau ça ne se mélange pas. Cette vision de l’Islam est totalement non soluble dans notre société. Elle ne pourrait qu’engendrer une guerre civile, et je pèse mes mots quand je dis cela. Je ne connais pas un seul pays au monde qui a une minorité de ce type sur son territoire et qui connaît la paix civile. Ce n’est pas Dalil Boubaker, le recteur de la mosquée de Paris et président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), qui est une menace pour nos sociétés, on est bien d’accord. Mais nous voyons monter en puissance une vision de l’Islam incompatible avec nos valeurs démocratiques. Je pourrais vous conduire dans certains endroits où des gens refusent de serrer la main à des femmes, où ils séquestrent des gosses, les retirent de l’école et les mettent dans des Médinas clandestines… Alors, arrêtons de nous goberger de naïveté car il y a un véritable problème!»

«L’islamiste est un jouisseur fini!»

Paul Ohlott : «Selon votre proposition de loi, il faudrait que le gouvernement reconnaisse le foulard comme une manigance politique plutôt qu’un signe religieux?»

Jacques Myard : «L’Islam est politique et ces gens-là mènent un combat politique. Les Islamistes souhaitent que la société reconnaisse leurs lois. Ils sont dans une démarche de loi personnelle. Ils ont une foi politico-religieuse. Il n’y a pas de césure entre ce qui est la religion et les lois civiles. Pour eux, seul Dieu peut dicter la loi civile. Ce genre de choses est intolérable. C’est une atteinte grave au vouloir vivre ensemble d’une société démocratique, qui fonde ses lois sur le suffrage universel et non pas le dogme religieux».

Paul Ohlott : «Vous parlez à leur encontre de ‘’négation de la femme’’…»

Jacques Myard : «Pour ces gens, la femme n’est qu’un instrument de jouissance. L’islamiste est un jouisseur fini! Et il laboure ses femmes comme il veut…»

Paul Ohlott : «Quand la dignité humaine ne correspond pas à l’idéal républicain de la France, l’Etat doit-il intervenir dans le domaine privé des croyances et idéologies?»

Jacques Myard : «Mais bien sûr qu’il doit intervenir! Serions-nous plus lâches que certains chefs d’Etat musulman type Habib Bourguiba (Tunisie) ou Mustafa KemalAtatürk (Turquie)? C’est une atteinte directe à la dignité de la personne. Depuis 1789, notre société se base sur l’égalité et la dignité de la personne. Jamais en Occident chrétien on a mis la femme dans un tel état de soumission».

 

«L’Eglise ne nie pas aujourd’hui l’égalité des sexes et la liberté de la femme»

Paul Ohlott : «Si une croyance ou une idéologie quelconque affirme que la femme doit être soumise à l’autorité de l’homme, tel qu’on le retrouve -dans une autre mesure certes-, mais néanmoins dans le message biblique, cette croyance doit-elle être interdite au nom des valeurs Républicaines?»

Jacques Myard : «La République en a rien à faire de cela! L’Eglise ne nie pas aujourd’hui l’égalité des sexes et la liberté de la femme, même si certains refusent théologiquement l’accession des femmes à la prêtrise ou au pastorat. Dans la Bible, il y a une dynamique du progrès! Il y a une évolution, et cela n’existe pas dans le Coran. Dans le message biblique, il se dégage clairement une notion du temps et une stratification des textes. Dans l’Ancien Testament par exemple, tout est tourné vers la venue du Messie, le Christ. Ce que je stigmatise, ce ne sont pas les intentions, ce sont les faits. Le problème, c’est qu’aujourd’hui je vois des femmes emmitouflées dans la rue, totalement méconnaissables. Je ne veux pas voir en France des maris qui paradent avec leur ‘’sac de pommes de terre’’ si je peux m’exprimer ainsi! J’ai déjà débattu avec Tariq Ramadan et d’autres dans son genre et je ne les rate jamais. Pour certains islamistes, il y a cette capacité d’avancer masqué, c’est phénoménal. Il faut mettre radicalement un terme à ce genre de choses. Ces gens-là n’ont rien à faire sur notre territoire».

Paul Ohlott : «Pensez-vous vraiment qu’une telle loi puisse être adoptée en France?»

Jacques Myard : «A mon avis, tôt ou tard on y viendra. On n’est qu’au début de ce choc des cultures, de cette revendication de la loi personnelle sur le territoire national. On va aller tout droit vers un clash et il faudra prendre ce genre de décision. D’une manière générale, nous sommes au début du phénomène de l’immigration, mais nous sommes aussi au début d’une affirmation qu’il faut éradiquer tout de suite».

Paul Ohlott : «Votre proposition de loi conduit à limiter certains agissements sous couvert d’un prétexte religieux. Et peu de temps avant la vôtre, les propositions de loi de M. Roubaud et M. Raoult visent à limiter les paroles et les agissements de la presse vis-à-vis du religieux...».

Jacques Myard : «Leur démarche est clairement électoraliste! Eric est un ami, mais il se trompe totalement. Je ne me moque jamais de la foi des hommes, et je ne suis pas favorable à ce genre de moquerie, mais de là à en faire une loi… C’est au juge de trancher si c’est excessif ou non, ce n’est pas au législateur. Ce dernier doit protéger la liberté d’expression totale et si on commence à ce genre de choses, on rentre dans l’ordre moral. Et l’ordre moral au nom d’une religion, ce qui est très grave».

«Je suis formel sur ce point là. Ca suffit! Eric Raoult a fait une faute»

Paul Ohlott : «Politique et morale font-ils mauvais ménage?»

Jacques Myard : «Non, mais la morale au sein du Politique est fondée sur les lois de la République, et non pas sur le dogme religieux. La morale n’est pas proprement religieuse. Dans la République, il y a des principes fondamentaux: Tu ne voleras point, tu ne tueras point, tu pourras guigner la femme de ton voisin, mais mets-y les formes… Ce sont des préceptes que la République a acceptés comme étant les siens. Il y a aussi la liberté d’expression, et si j’en abuse, je devrais en répondre devant la justice. Ce n’est pas au législateur d’aller mettre dans les reins d’une loi, des principes empêchant quiconque de se moquer d’un curé, d’un rabbin, d’un pasteur ou d’un imam. Là je ne suis pas d’accord. Le travail du juge est encadré. Ce n’est pas la peine d’en rajouter. C’est donner du grain à moudre aux fondamentalistes quels qu’ils soient».

Paul Ohlott : «Pour vous la paix et la cohésion sociale ne se trouvent donc pas dans le jeu du ‘’donnant-donnant’’…»

Jacques Myard : «Absolument pas! La loi est ainsi et si vous n’êtes pas content vous allez voir ailleurs. Je suis formel sur ce point là. Ca suffit! Eric Raoult a fait une faute».

Paul Ohlott : «Que vous inspire d’une manière générale l’essor du communautarisme?»

Jacques Myard : «C’est un défi de la République. A ce sujet, l’Etat n’a pas été capable de faire appliquer la loi républicaine. Il y a une sorte de victimisation qui s’érige sur une base identitaire ou religieuse. Et c’est purement inacceptable! La République, ni la royauté, n’a reconnu la loi personnelle. L’affaire des Cathares, c’est ça. L’affaire des Albigeois, c’est ça. L’affaire des Protestants cévenols, c’est en partie cela également. Pour moi, c’est niet. En France, il n’y a qu’une loi, celle de la République».

Paul Ohlott : «Peut-on contraindre les gens à devenir sociables par des lois?»

Jacques Myard : «C’est ce que l’on a fait pendant des siècles et je n’y renoncerai pas. Je n’ai pas peur de ce que je prône. La République, au travers de l’école, à appris à tout le monde, que l’on soit breton, moldave ou que l’on vienne de Pétaouchnock, qu’il faut respecter les lois républicaines lorsque nous vivons sur le territoire français».

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Entendre le député sur le FlashInfo : http://www.topc.org/topinfo/flashinfo/

Lire aussi : Interview du député Jean-Marc Roubaud sur l’injure contre les religions!

http://www.topc.org/topinfo/view/10805

 
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