Préambule : en cette période de fin d'année, « être bon » est d'actualité ; c'est le moment de prendre des bonnes résolutions, de présenter des bons vœux et d'être généreux !
1. Un violent contraste.
Cette parabole des talents comporte de multiples enseignements.
Nous ne retiendrons ici que celui qui touche aux dispositions de cœur qui sont agréables à Dieu.
Au risque de considérer que l'approche est trop manichéenne, il est évident que deux types de caractères s'opposent dans ce texte.
En dehors de toute considération caricaturale, il y a les méchants et les bons.
C'est une réalité.
Les serviteurs qui ont bien rempli leur mission sont appelés « bons et fidèles ».
Ils ont accompli « ce qui est bien ».
Celui qui a complètement manqué la sienne est qualifié de « méchant et paresseux », sur la simple base de ses paroles.
Ses propos ont trahi l'état de son cœur qui l'a poussé à aller jusqu'à faire une projection de ses propres sentiments sur son maître qui était, en fait, animé de pensées tout à fait contraires aux accusations dont il s'est trouvé irrespectueusement qualifié.
La bonté est donc ici totalement opposée à la méchanceté, et à la jalousie dévorante et destructrice.
En français comme en grec, « bon » est à la racine de l'Évangile qui est « la bonne nouvelle » par excellence.
2. Dieu est bon.
2.1. Une affirmation absolue.
Marc 10.18 : Jésus lui dit : Pourquoi m'appelles-tu bon ? Il n'y a de bon que Dieu seul.
Cette réponse de Jésus au jeune homme riche met en avant la bonté de Dieu.
2.2. La bonté d'un maître hors normes.
Dans la parabole des talents, elle ressort au travers du comportement du maître qui remet ses biens aux serviteurs.
Il remet « ses » biens.
Cela rappelle le Samaritain qui a donné « son vin et son huile » au blessé qu'il a ensuite placé sur « sa monture » (Luc 10.34).
Il donne.
Tel est le verbe utilisé.
Il est donc généreux.
Il part, chose qui peut surprendre.
En fait, cela montre qu'il veut faire confiance et qu'il part du principe que ses serviteurs sont intelligents et sages.
Il suppose qu'ils sauront faire ce qu'il faut.
Il ne soupçonne absolument pas ce que pourrait faire le méchant serviteur et il ne le surveille pas.
2.3. Les serviteurs fidèles sont invités à entrer dans la joie de leur maître.
Ceci veut dire que leurs sentiments et leurs mobiles sont en pleine harmonie avec ceux de leur maître.
Être bon fait sa joie.
Ses serviteurs également, c'est pourquoi ils se réjouissent de la même joie.
À l'opposé, nous trouvons dans la parabole des ouvriers loués à différentes heures l'un d'entre eux qui voit d'un mauvais œil que son employeur soit bon.
Mat 20.15 : Ne m'est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Ou vois-tu de mauvais œil que je sois bon ?
3. Bonté et méchanceté, une question d'état de cœur.
3.1. Une vérité flagrante et incontournable.
Mat 12.35 : L'homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l'homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor.
Il convient d'ajouter cette référence :
Mat 6.21 : Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.
C'est une loi, c'est du cœur que viennent les actions et les paroles des hommes.
3.2. Personne n'est bon par nature.
Rom 7.18 : Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair : j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien.
Ce constat s'applique à tout être humain.
Le péché habite en lui et le conduit à faire ce qui est mauvais et méchant, en fonction surtout des critères divins.
Nous ne savons pas toujours de quels actes mauvais nous pourrions être capables par nature.
L'affirmation est absolue pour l'homme irrégénéré, car ce qui est né de la chair est chair.
Pour le chrétien, il faut prendre en considération la virulence de la chair et de ses œuvres.
Gal 5.19 : " Or, les œuvres de la chair sont évidentes, c'est-à-dire inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, magie, hostilités, discorde, jalousie, fureurs, rivalités, divisions, partis-pris, envie, ivrognerie, orgies, et choses semblables. Je vous préviens comme je l'ai déjà fait : ceux qui se livrent à de telles pratiques n'hériteront pas du royaume de Dieu. Mais le fruit de l'Esprit est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi."
3.3. Une nécessité primordiale.
Eze 36.26 : " Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j'ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. "
C'est la nouvelle naissance qui est annoncée ici.
C'est par la régénération que l'homme reçoit la capacité d'être bon.
1Pi 1.22 : " Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité pour avoir un amour fraternel sincère, aimez-vous ardemment les uns les autres, de tout votre cœur, puisque vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu."
3.4. La marche par l'Esprit.
Gal 5.25 : " Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi par l'Esprit. Ne devenons pas vaniteux en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres."
Rom 8.12 : " Ainsi donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l'Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez."
3.5. Cet aspect pratique de la sanctification signifie que la bonté est une disposition à maintenir.
Il faut la désirer.
Il faut renoncer à soi-même.
Il faut apprendre à se juger soi-même.
Il faut laisser l'Esprit nous changer.
4. La pratique au quotidien.
4.1. Un combat pour garder un cœur ouvert et généreux.
Les Corinthiens donnent l'exemple de ce qu'il ne faut pas devenir.
2Co 6.11 : " Notre bouche s'est ouverte pour vous, notre cœur s'est montré large, vous n'êtes pas à l'étroit au-dedans de nous, mais c'est en vous-mêmes que vous êtes à l'étroit. En contrepartie, je vous parle comme à mes enfants, montrez-vous larges vous aussi ! "
« Leurs entrailles se sont rétrécies ».
C'est ce qui a procuré bien des souffrances et des combats inutiles.
Nul doute que de telles attitudes ne peuvent que freiner la progression de l'Église.
4.2. Des exemples instructifs.
Barnabas.
Act 11.24 : " Car c'était un homme de bien (un homme bon), plein d'Esprit-Saint et de foi. Et une foule assez nombreuse se joignit au Seigneur."
Il a été en bénédiction à l'Église à cause de sa bonté.
Philémon, avec un conseil.
Phi 1.14 : " Toutefois, je n'ai rien voulu faire sans ton avis, afin que ton bienfait ne soit pas comme forcé, mais qu'il soit volontaire."
La bonté exercée par contrainte n'en est plus, selon ce que l'esprit évangélique enseigne.
2Co 9.7 : " Que chacun donne comme il l'a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. "
4.3. Des considérations générales.
L'importance de la pratique du bien.
Pratiquer le bien, c'est accomplir ce qui est bon avec un cœur qui l'est aussi.
Gal 6.10 : " Ainsi donc, pendant que nous en avons l'occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi."
Surmonter le mal par le bien.
Rom 12.21 : " Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien."
La tendance naturelle de la chair serait de répondre au mal par le mal.
L'esprit chrétien va dans l'autre sens.
« Le mal » désigné ici est exprimé par le terme « kakos ».
il désigne ce qui est misérable, bas, mesquin dans les sentiments, les intentions et les actions.
Avoir la volonté de vivre selon ce qui est bon en le discernant.
Rom 12.2 : " Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait."
Avoir compris que la pratique de ce qui est bon demande un effort constant.
1Th 5.15 : " Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal ; mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous."
La pratique de ce qui est bon et bien n'est pas toujours spontanée ni évidente.
Il est souvent nécessaire de fournir un effort, surtout si la première réaction n'est pas la bonne.
Veiller sur nos paroles.
Pro 14.22 : " Ceux qui méditent le mal ne s'égarent-ils pas ? Mais ceux qui méditent le bien agissent avec bonté et fidélité."
1Co 4.13 : " calomniés, nous parlons avec bonté ; nous sommes devenus comme les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu'à maintenant."
Gen 37.4 : " Ses frères virent que leur père l'aimait plus qu'eux tous, et ils le prirent en haine. Ils ne pouvaient lui parler avec amitié."
Eph 4.29 : " Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais, s'il y a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l'édification et communique une grâce à ceux qui l'entendent."
5. Les récompenses.
5.1. Il est certain que personne ne sera sauvé parce qu'il aura été bon.
Le salut par grâce demeure la pierre de touche de l'enseignement biblique.
Cependant, quelqu'un qui persévérerait dans ce qui est mauvais et méchant pourrait-il prétendre avoir la foi qui sauve ?
Cette question du rapport entre foi et œuvres , dispositions de cœur et régénération est fondamentale.
5.2. La rémunération immédiate.
Avant de considérer ce qui se passera dans l'au-delà, il faut prendre en compte immédiatement le fait que selon ce que nous faisons et entretenons dans nos cœurs comme dispositions, nous « récoltons ce que nous semons ».
Ce verdict radical est vérifiable chaque jour.
Rom 2.9 : " Tribulation et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis sur le Grec ! "
Rom 2.10 : " Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif premièrement, puis pour le Grec !"
Entretenir de mauvaises choses ne peut que provoquer des conséquences et des fruits amers.
L'inverse est également vrai et contrôlable.
Le mauvais œil, les paroles méchantes, les règlements de comptes ou autres choses semblables ne procurent pas la paix à ceux qui s'y abandonnent.
Pro 11.17 : " L'homme bon fait du bien à son âme, Mais l'homme cruel trouble sa propre chair."
5.3. La rémunération à venir.
Il faut rappeler qu'elle vient du principe que la foi se vérifie par ses œuvres.
Jean 5.29 : " Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement."
Avoir fait le bien, c'est d'abord avoir cru en Christ, l'avoir reçu et l'avoir suivi avec persévérance.
Avoir fait le mal, c'est évidemment tout l'inverse.
Mais ceux qui ont fait le bien sous cet angle sont aussi ceux qui auront transformé leur salut en dispositions et en actes empreints de bonté et de bien.
La récompense éternelle les attend.
Mat 25.35 : " Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ; j'étais nu, et vous m'avez vêtu ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront : Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire ? Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli ; ou nu, et t'avons-nous vêtu ? Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ? Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites."
6. Conclusion réaliste et objective.
Demandons pardon à Dieu pour toute pensée, toute action et toute réaction qui n'aurait pas été conforme à la bonté de Dieu.
Prions le de nous donner son secours pour faire des progrès dans ce domaine, pour notre propre bien et pour celui des autres, entourage, famille et Église.
Surtout, ne poussons jamais et n'encourageons jamais personne dans le mauvais sens.
Ne soyons pas comme ce triste personnage.
Mat 18.28 : " Ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l'étranglait, en disant : Paie ce que tu me dois."
Rom 12.9 : " Que l'amour soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur ; attachez-vous fortement au bien."
Eph 4.32 : " Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ."