1. Introduction.
1.1. La venue du Christ dans le monde est la manifestation suprême de l'amour de Dieu.
Si nous voulons vraiment connaître ce que sont les sentiments divins, il nous faut regarder à cet événement.
Il manifeste pleinement la « mentalité divine » résumée par l'expression « l'Esprit de Christ ».
Ces termes désignent, bien entendu, le Saint Esprit, mais aussi, pourrait-on dire, « l'état d'esprit et la forme de pensée » qui ont animé Jésus-Christ.
C'est ce que nous appellerons « l'esprit de Noël », alors que le monde n'a « l'esprit qu'à la fête. »
1.2. Ces considérations entraînent au moins deux conséquences.
La première est un encouragement à la foi.
Lorsque nous apprenons à connaître de quels sentiments Dieu est animé, nous sommes encouragés à nous approcher de lui.
La seconde a valeur d'exemple.
Si, dans les relations humaines, chacun acceptait de tendre vers l'exemple du Christ, bien des choses seraient facilitées et la paix serait préservée.
1.3. C'est pourquoi il est écrit que « si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas » (Rom 8.9).
Entre l'esprit du monde et l'esprit de Jésus-Christ, se trouve tout l'abîme infranchissable qu'il y a entre la chair et l'esprit.
Rom 8.6 : Avoir les tendances de la chair, c'est la mort ; avoir celles de l'Esprit, c'est la vie et la paix. Car les tendances de la chair sont ennemies de Dieu, parce que la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu, elle en est même incapable. Or ceux qui sont sous l'emprise de la chair ne peuvent plaire à Dieu. Pour vous, vous n'êtes plus sous l'emprise de la chair, mais sous celle de l'Esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas.
1.4. Il est nécessaire de rappeler que cette « imitation » de Jésus-Christ ne saurait être humaine pour afficher certaines apparences uniquement extérieures.
Pour réellement la vivre, il faut en recevoir la capacité par une nouvelle naissance.
Il faut naître de l'Esprit pour pouvoir en manifester le fruit.
Cet aspect fondamental de l'expérience chrétienne revêt une dimension absolue et incontournable pour quiconque veut être sauvé.
2. Un esprit de soumission.
Psa 40.7 : Tu ne désires ni sacrifice ni offrande, tu m'as ouvert les oreilles ; tu ne demandes ni holocauste ni victime expiatoire. Alors je dis : Voici, je viens Avec le rouleau du livre écrit pour moi. Je veux faire ta volonté, mon Dieu ! Et ta loi est au fond de mon cœur.
2.1. Ce texte prophétique a été inspiré par l'Esprit de Christ qui a animé David, son auteur.
Il exprime l'esprit de soumission animant le Seigneur.
Il est venu pour se soumettre au sacrifice indispensable à l'amour et à la justice de Dieu en vue du salut des hommes.
Il ne faut pas en rester à la crèche, mais il faut savoir qu'elle a existé pour permettre au sauveur d'atteindre l'objectif final de sa venue, la croix.
Il est venu pour accomplir les Écritures d'une manière parfaite.
2.2. La soumission et l'obéissance sont supérieures au simple fait d'obéir.
Il est possible d'obéir sous la contrainte avec un cœur insoumis.
La soumission, quant à elle, reflète un état d'esprit et une disposition agréable à Dieu.
Phi 2.8 : ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix.
L'esprit de soumission va de pair avec celui de sacrifice et de service.
2.3. Application.
Si nous avons « l'esprit de Noël », nous manifesterons la même disposition à la soumission envers Dieu et ceux qui sont en position d'autorité.
Ce sera le chemin d'une totale victoire sur la mentalité ambiante dont Satan est le prince.
Ne vit-il pas et n'agit-il pas dans un esprit qui est complètement à l'opposé ?
C'est pourquoi il est irrémédiablement perdu.
Ceux qui sont sauvés prouvent et démontrent leur salut par leur soumission, expression de l'Esprit de Christ en eux.
Ils veulent discerner la volonté de Dieu et l'appliquer en s'y soumettant.
Jac 4.7 : Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous.
Ils respectent aussi l'autorité humaine, quand elle ne créée pas un conflit avec celle qui est due à Dieu.
1Pi 2.13 : Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes.
Eph 5.21 : vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ.
Rom 13.5 : Il est donc nécessaire d'être soumis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience.
Vu le fossé qui sépare ces considérations de la mentalité du monde, seulement ceux qui ont été régénérés ou qui désirent l'être comprendront sans scandale un tel message issu de l'Esprit de Christ.
Hélas, la chair vit la soumission comme si elle était une brimade dévalorisante et humiliante.
C'est pourquoi elle la repousse en la refusant.
Mais celui qui vit de cette manière passe à côté de riches bénédictions.
3. Un esprit d'humilité.
3.1. Le signe de l'enfant emmailloté est rempli d'un message qui exprime plusieurs vérités qui sont en relation avec l'humilité.
Il montre la puissance de Dieu qui a accompli cette conception miraculeuse par le Saint Esprit.
Il montre aussi l'humilité du Seigneur qui a accepté cet abaissement.
L'humilité est supérieure à la modestie.
Elle va de pair avec la discrétion du caractère.
2Co 8.9 : Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis.
Phi 2.5 : Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix.
3.2. Pour ceux qui voudraient contester.
On pourra objecter que tout tyran que la terre a porté a aussi d'abord été un enfant fragile.
C'est exact, mais il y a de sérieuses différences qui peuvent être opposées à cet argument.
Jésus était en forme de Dieu avant son incarnation.
Son abaissement volontaire a été un acte de sacrifice et cet esprit sera manifesté continuellement tout au long de sa vie, sans la moindre entorse ni défaillance.
Cette humilité a été conservée sans faille.
Mat 11.28 : Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.
3.3. Application.
Imaginons un monde où les hommes agiraient en fonction de cet esprit, et de cette forme de pensée (traduction précise de Phi 2.5).
Ce serait la réalisation de l'enseignement des apôtres.
Phil 2.2 : mettez le comble à ma joie afin d'avoir une même pensée ; ayez un même amour, une même âme, une seule pensée ; ne faites rien par rivalité ou par vaine gloire, mais dans l'humilité, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres.
1Pi 3.8 : Enfin, soyez tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d'amour fraternel, de compassion, d'humilité.
1Pi 5.5 : De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles.
4. Un esprit de conciliation.
4.1. Le Seigneur n'est pas venu sous une forme angélique ou guerrière.
Il est venu sous la forme d'un enfant.
Un enfant n'a pas une apparence impressionnante.
Il n'a rien d'arrogant.
Dieu n'est donc pas venu vers nous sous une forme belliqueuse, avec l'intention d'en découdre et de se disputer.
Mat 12.18 : Voici mon serviteur que j'ai choisi, mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, et il annoncera la justice aux nations. Il ne contestera point, il ne criera point, et personne n'entendra sa voix dans les rues.
4.2. Il démontre, sous la forme de l'enfant, son esprit de conciliation en faisant le premier pas.
Ce premier pas, il le fait envers des hommes qui vivent sans lui et qui se comportent bien souvent comme de véritables ennemis à son égard et entre eux également.
Col 1.21 : Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés
Eph 2.3 : Nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres.
L'esprit de conciliation devient celui de réconciliation.
Rom 5.10 : Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie.
2Co 5.18 : Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation.
2Co 5.19 : Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation.
La recherche de la paix avec les autres exprime l'Esprit de Christ.
Heb 12.14 : Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.
Rom 12.18 : S'il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes.
4.3. Application.
La première application à faire est de répondre à cet esprit de conciliation et de réconciliation qui est en Dieu.
Il s'agit de faire la paix avec lui et de cesser toute hostilité à son égard.
La deuxième application consiste à manifester un désir de conciliation dans nos conflits avec les autres, que ce soit dans le foyer, la société ou l'Église.
Jac 3.17 : La sagesse d'en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d'hypocrisie.
Mat 5.23 : Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande. Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice, et que tu ne sois mis en prison.
Vouloir avoir raison quand on a tort est une attitude grave.
Ne jamais être prêt à la moindre concession n'a rien de spirituel.
Il ne s'agit pas, bien entendu, de faire des concessions à la vérité, mais il s'agit d'en faire pour ce qui concerne les différences de caractères qui trop souvent manquent de souplesse et d'adaptation à l'autre.
Celui qui a l'Esprit de Christ en lui préfère renoncer à un droit pour préserver la paix, plutôt que d'être impitoyable en allant jusqu'à étrangler l'autre (Mat 18.28).
C'est bien souvent l'orgueil, qui est à l'opposé de l'Esprit de Christ, qui est à l'origine de telles choses.
Jac 3.14 : Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse n'est point celle qui vient d'en haut ; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique. Car là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions.
5. Un esprit de bienveillance.
Luc 2.14 : Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu'il agrée !
Une autre traduction possible dit : « parmi les hommes de bienveillance ou bienveillance envers tous les hommes ».
5.1. Si Dieu avait des dispositions malveillantes à l'égard des hommes, il n'aurait pas donné son Fils au monde.
Rom 5.6 : Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies.
Rom 5.8 : Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous.
La venue de Jésus et sa mort sur la croix démontrent l'amour et la bienveillance de Dieu.
5.2. La bienveillance est une disposition du cœur qui oriente les désirs vers l'accomplissement de ce qui est bien pour l'autre.
C'est vouloir du bien à son prochain, le lui souhaiter et veiller à sa réalisation.
5.3. Application.
Pro 14.9 : Les insensés se font un jeu du péché, mais parmi les hommes droits se trouve la bienveillance.
Pro 22.9 : L'homme dont le regard est bienveillant sera béni, parce qu'il donne de son pain au pauvre.
Tendons vers ce modèle les uns à l'égard des autres.
6. Un sujet qui n'est pas épuisé.
Personne ne peut prétendre avoir saisi toutes les vertus qui émanent de « l'Esprit de Christ ».
S'il a animé les prophètes et les témoins de l'Ancienne Alliance, à combien plus forte raison ne doit-il pas remplir ceux de la Nouvelle qui ont reçu la pleine révélation de la grâce de Dieu (1Pi 1.11).
1Pi 3.8 : soyez tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d'amour fraternel, de compassion, d'humilité.
Mais, quand Noël sera passé, demeurons dans « son esprit ».
7. Additif.
Mise au point personnelle :
Dans quels domaines dois-je davantage laisser l'Esprit de Christ se manifester dans mes relations ?
Envers qui ?