Culpabiliser ceux qui vont mal ?
Par Jean-Claude Guillaume  |  4 commentaires  |  Lu 3919 fois
       
 

Question d'un Internaute : "Je suis dépressive depuis 5 ans et pourtant j'ai toujours au fond de moi ce désir de changer ! Je me confie en Dieu et lui demande de l'aide le plus régulièrement possible, mais la vie est toujours aussi dure ! Il est facile de dire qu'il faut demander de l'aide à Dieu et tout ira mieux, mais ce n'est pas toujours vrai. En disant ceci vous culpabilisez tout ceux qui vont mal, sont sincères avec Dieu mais chez qui rien ne change..."

Tout d'abord je veux vous dire que je compatis de tout mon cœur à votre souffrance. J'ignore, bien entendu, ce qui est la cause de votre longue dépression ; je ne peux donc pas vous conseiller sur ce point.

Mais j'aimerais vous dire que demander de l'aide à Dieu n'est pas une géniale trouvaille de prédicateur, destinée à culpabiliser les gens. C'est l'enseignement clair de la parole de Dieu :

"Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ." (Phil 4.6-7)

Vous n'êtes pas, chère sœur, la seule à connaître des difficultés, dont j'ignore d'ailleurs la nature ; la seule à "aller mal". C'est, je l'admets, une piètre consolation, mais il vous faut savoir que nous n'ignorons pas ce que c'est, et que nous en parlons en connaissance de cause, et non selon des concepts théoriques.

Si Dieu semble ne pas répondre à votre "demande d'aide le plus régulièrement possible", et que vous êtes de ceux qui "sont sincères avec Dieu mais chez qui rien ne change", il faut se demander où est le problème.

D'une part le ton de votre message indique clairement que pour vous, la faute incombe à Dieu. C'est probablement l'effet de l'amertume accumulée par ces cinq années de dépression, mais cela n'en est pas juste pour autant. L'Adversaire a réussi à vous dépeindre une fausse image de Dieu. Il sait très bien que cette image-là enlève toute foi véritable de votre cœur quand vous vous approchez de Dieu pour lui demander de l'aide.

Vous allez peut-être dire que je vous culpabilise. Mais ce n'est pas en vous donnant raison que je vous aiderais efficacement. Cette fausse image de Dieu a brisé toute véritable communion entre lui et vous. Et la faute n'est pas chez lui, elle est chez vous. Repentez-vous donc d'avoir douté de lui, de sa miséricorde et de sa justice ; vous pourrez ainsi vivre pleinement ce que recommande l'auteur de l'épître aux Hébreux :

"Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins." (Héb 4.16)

D'autre part je m'interroge sur les raisons profondes de votre dépression. Avez-vous vécu, et vivez-vous dans une totale obéissance à la parole de Dieu ? C'est là une question primordiale à laquelle vous seule pouvez répondre.

 

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Vos commentaires (4)

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Posté le 27 Juin 2009 à 13h56
Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Jn 6, 68 Si chaque personne est Honnête avec le Seigneur, il entendra ta voix et te guérira de tous maux . Que Dieu vous bénisse !
 
Posté le 12 Juin 2009 à 07h29
Il me semble en lisant entre les lignes de la question de l'internaute, elle voulait plutôt dire que parfois en répétant toujours à quelqu'un qui souffre de demander l'aide de Dieu, la personne devant aucun changement, finit par se demander si elle est une mauvaise chrétienne ou prie mal. Et sauf votre réponse, je pense que votre réponse ne vient que jeter du sel sur des blessures vives avec des questions comme "Avez-vous vécu, et vivez-vous dans une totale obéissance à la parole de Dieu?". Elle a écrit: "des personnes qui sont sincères avec Dieu"; laissons Dieu juger de la façon dont il veut juger l'obéissance de cette dame à son égard. Je comprends qu'on ne sache plus quoi dire devant un certain désarroi, à part répéter de prier. Mais le ton de ce message a l'air plus accusateur et manquer d'une certaine empathie.
 
Posté le 12 Juin 2009 à 11h11
Chère Evelyne. J'ai bien pris soin de dire tout au début : "Tout d'abord je veux vous dire que je compatis de tout mon cœur à votre souffrance." Où est ici le "manque d'une certaine empathie"? Mes soixante années d'expérience pastorale m'ont enseigné qu'on n'aide personne en la caressant dans le sens du poil, si vous me permettez cette expression populaire. Dire la vérité à quelqu'un qui souffre n'est pas un manque d'amour, bien au contraire! Pv 27,6 "Les blessures d'un ami prouvent sa fidélité" Et je ne vois pas en quoi poser une question aussi fondamentale que: "Avez-vous vécu, et vivez-vous dans une totale obéissance à la parole de Dieu ?" soit de quelque façon que ce soit "jeter du sel sur des blessures vives". Bien fraternellement, JCG
 
  Réponse de Evelyne-A (Canada)
Posté le 12 Juin 2009 à 11h23
Pasteur Guillaume, Je ne peux que m'incliner devant 60 ans de sagacité et admettre ne pas avoir bien lu votre réponse.