Comment s'adresser à Dieu (1)
Par Daniel Hébert  |  4 commentaires  |  Lu 6986 fois
       
 

Première partie : "S'adresser à Dieu."

1 / INTRODUCTION.

Abraham est conscient que sa prière revêt une certaine forme d'audace. Il n'est que poussière et cendre et il ose cependant s'adresser au Dieu créateur. Il le fait même avec insistance et en argumentant.

Il y a quelque chose de très poignant dans ce dialogue.

Connaissant Dieu, Abraham sait qu'il peut s'approcher de lui. Mais il est également tout-à-fait lucide par rapport au fait qu'il ne peut pas le faire sur n'importe quel ton et avec n'importe quel sentiment dans son coeur.

Il n'est pas possible à l'homme d'adresser la parole à Dieu avec désinvolture. Ce n'est surtout pas recommandé.

La manière de s'adresser à quelqu'un est révélatrice de la considération qu'on lui porte ainsi que de la reconnaissance de son autorité et de sa fonction. Faute d'avoir reconnu son interlocuteur, Paul a enfreint ce principe (Actes 23/3).

Il faut aussi que celui qui s'approche de Dieu croie qu'il existe et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent (Héb 11/6).

Prier, c'est s'approcher de Dieu, lui adresser la parole et lui présenter des demandes.

A cause même de la nature de la personne à laquelle on s'adresse, il n'est pas envisageable de prier n'importe comment.

Ceux qui prient avec fruit sont conscients de cela. Ils ont l'écoute de Dieu.

1 Chr 17/25-27 : David a osé prier Dieu parce que celui-ci lui avait d'abord montré ce qu'il attendait de lui.

Sa requête est empreinte d'un profond respect et d'une totale conscience de la grâce divine. Dieu ne nous doit rien. Il n'est pas le domestique ou le valet de l'homme.

Jér 30/21 : "Je le ferai approcher et il viendra vers moi, car qui oserait de lui-même s'approcher de moi ?"

Luc 18/13 : "Le publicain n'osait pas lever les yeux."

Actes 7/32 : "Moïse n'osait pas regarder."

Matt 22/46 : "Personne n'osait plus le questionner."

Un autre paragraphe développera plus tard tous les sentiments à ne surtout pas avoir quand on s'approche de Dieu pour lui adresser la parole.

2 / DEUX POINTS FONDAMENTAUX.

2-1 : Dieu doit être craint.

Mal 1/6 : "... Si je suis maître, où est la crainte qu'on a de moi ? ..."

Ecc 4/17 et suivants : "Prends garde à ton pied quand tu entres dans la maison de Dieu."

Ps 96/9 : "Tremblez devant l'Eternel, habitants de la terre."

Même le Nouveau Testament évoque la crainte et le tremblement (Phil 2/12).

2-2 : Dieu accepte, en Jésus-Christ, d'être approché.

Héb 12/18-24 : Nous ne sommes plus dans les conditions du Sinaï, mais, et il s'agit cependant du même Dieu, nous pouvons, par la médiation de Jésus et par son sang, nous approcher du trône de la grâce avec assurance.

C'est lui qui est notre argument dans la prière.

C'est la raison pour laquelle nous nous adressons au Père en son Nom.

Malgré tout, la notion de crainte est toujours à prendre en considération. Il faut écouter celui qui parle (12/25) et rendre à Dieu notre culte avec crainte (12/29).

2-3 : Noé présente le bon équilibre.

Héb 11/7 : La crainte respectueuse est une bonne expression. Elle suggère à la fois le respect et l'amour.

La crainte respectueuse n'est pas la peur. Elle ne paralyse jamais, mais elle sait garder la distance qu'il ne faudra jamais franchir. La relation avec Dieu ne sera jamais un copinage familier et déplacé.

Ainsi, s'adresser à Dieu n'est pas d'abord un problème de protocole, de liturgie ou de vocabulaire adapté, même s'il y en a un.

C'est une question d'attitude, de foi et de connaissance de la personne de laquelle nous nous approchons en priant.

La manière va bien plus loin que la politesse. D'ailleurs, être poli ne veut pas obligatoirement dire qu'il y a amour et considération. Bien des hypocrisies se cachent sous son masque.

La perte de la conscience de ces choses conduira au naufrage de la foi.

3 / ILS SE SONT ADRESSES A DIEU.

Ces quelques exemples vont bien fixer la réflexion. Les textes qui suivent ont en commun l'emploi du verbe "adresser" qui évoque le fait de parler à Dieu.

3-1 : Hérode, l'exception qui confirme la règle.

Luc 23/9 : "Il lui adressa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien."

Quand l'homme aborde le Seigneur avec arrogance et orgueil, quand il ose lui adresser la parole dans ces conditions-là, sa prière est une réelle abomination (Prov 28/9).

Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles (Jac 4/6).

3-2 : Jaïrus.

Marc 5/23 : "Il lui adressa cette instante prière."

Pressé par le besoin, Jaïrus aborde le Seigneur et sa prière est pleine de ferveur.

En aucune façon, elle est un ordre ou un commandement.

Elle est une expression de foi de la part de quelqu'un qui sait que rien ne lui est dû, mais tout est possible par le moyen de la foi en la grâce divine.

Il est rempli d'humilité à l'exemple du centenier qui dit : "Moi qui suis soumis..." (Matt 8/9).

3-3 : David.

Ps 18/1 : "David adressa à l'Eternel les paroles de ce cantique."

C'est la parole d'un serviteur à son Seigneur. C'est une confession d'amour, de reconnaissance et d'actions de grâces.

La lecture intégrale du psaume est nécessaire pour comprendre l'état d'esprit de celui qui ose s'adresser à Dieu d'une manière agréable.

3-4 : Elisée.

2 Rois 6/18 : "Il adressa cette prière à l'Eternel : Daigne frapper d'aveuglement cette nation."

Le prophète a prié conformément à la révélation reçue afin d'être dans la volonté de Dieu.

L'emploi du verbe "daigner" est l'écho du respect dont Elisée est pénétré à l'égard de Dieu.

Il s'agit de politesse spirituelle.

3-5 : Ezéchias.

2 Rois 19/14-20 : "Il adressa cette prière : Eternel, Dieu d'Israël, assis sur les chérubins ..."

Menacé et provoqué par l'ennemi, Ezéchias s'adresse à Dieu pleinement conscient de ses attributs.

Il est immédiatement exaucé (19/20). L'adversaire arrogant reçoit la réponse qu'il mérite (19/21-28) et son armée est frappée par Dieu lui-même (19/35).

3-6 : Manassé.

2 Chr 33/13 : "Il adressa ses prières à l'Eternel qui se laissa fléchir et exauça ses supplications."

Ce n'est pas tant que ce roi a pu faire pression sur Dieu que, s'étant soumis aux règles du rétablissement, il a pu en bénéficier.

Dans la détresse, il s'est humilié profondément et a imploré l'Eternel.

Cette manière de s'adresser à Dieu ne peut qu'être prise en considération par le Seigneur.

3-7 : Jacob.

Osée 12/5 : "Il pleura et lui adressa des supplications."

Cette allusion à Gen 32/24 montre que lorsque l'homme s'adresse à Dieu en lui permettant de vaincre sa volonté propre pour la lui soumettre, il est "béni là" (Gen 32/30) et son âme est sauvée.

4 / CONCLUSION.

Héb 4/16 : "Approchons-nous donc..."

 

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Vos commentaires (4)

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Posté le 29 Janvier 2010 à 11h29
Éternel, sois mon unique guide, St Esprit de Dieu manifeste la volonté du père pour ma vie. J'ai besoin du discernement. Amen
 
Posté le 19 Décembre 2009 à 13h21
Merci Jésus Christ pour cette inspiration et je sais tu écoutes les prières et que tu m'écoutes toujours
 
Posté le 28 Janvier 2009 à 16h55
Un sujet qui peut paraître simple, mais combien important pour notre vie de prière dans cette époque d'anarchie, de désinvolture, d'irrespect dans le monde. Gardons-nous de suivre cette voie, cultivons la crainte respectueuse de notre Seigneur, et alors, approchons-nous de Lui. Merci Passteur.
 
Posté le 16 Septembre 2008 à 21h19
très édifiant cette enseignement faite en ( 4 ) parties merci !