Pourquoi jeter son pain ?
Par Jean-Claude Guillaume  |  Lu 4815 fois
       
 

Question d'un Internaute : "Que veut dire l'Ecclésiaste lorsqu'il conseille de « jeter son pain sur la face des eaux » ?"

Il s'agit du texte :

"Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras" (Ecc. 11.1)

Il faut savoir que le mot hébreu traduit par pain dans ce texte signifie également blé ; d'ailleurs nous découvrons ce même mot ainsi traduit dans cet autre texte :

"On bat le blé, mais on ne le bat pas toujours ; on y pousse la roue du chariot et les chevaux, mais on ne l'écrase pas." (És. 28.28)

Lorsque nous avons du mal à comprendre un texte biblique, c'est aussi parfois parce que nous en transposons le contenu dans notre époque et notre culture. Nous ne devons pas oublier que des millénaires nous séparent du temps où ces écrits ont été rédigés, au sein de coutumes bien différentes des nôtres.

On comprend plus facilement le sens de ce texte lorsque l'on sait que dans ces pays, de longues périodes de sécheresse étaient suivies par une saison de pluies abondantes, qui faisaient déborder les fleuves, tels le Jourdain ou le Nil. Durant ces périodes de crues, l'eau qui recouvrait les abords de ces fleuves y déposait un limon fertile.

Au début de la décrue, on semait le blé sur les parcelles inondées, et lorsque l'eau se retirait complètement, la semence était déposée sur les riches sédiments que laissait la crue.

Un autre passage nous parle également de cette façon de faire, avec une précision supplémentaire :

"Bienheureux serez vous : vous sèmerez partout le long d'eaux abondantes et vous pourrez laisser les bœufs comme les ânes en liberté." (És. 32.20 - Bible du Semeur 2000)

On laissait alors les ânes et les bœufs fouler librement le limon pour mieux enfouir le grain qui, plus tard, fournirait une ample moisson.

Il est évident qu'il existe un parallèle spirituel à cette pratique ancestrale. Nous sommes appelés à répandre la bonne semence de la parole de Dieu, et même si parfois il nous semble qu'elle soit perdue, nous pouvons croire qu'elle produira en son temps un fruit abondant.

 

 

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