En tant que PCA (Plus Coté à l'Argus), sans avoir encore atteint, je l'espère, le stade de PPH (Passera Pas l'Hiver), bref, à l'approche de mes soixante-dix-huit ans, je suis sans cesse émerveillé par la technologie moderne. Récemment, notre fils nous a conduits au lieu de rendez-vous d'une grande fête familiale organisée en l'honneur des quatre-vingts printemps de mon épouse. Je dois avouer avoir été fasciné par le petit écran du système de navigation G. P. S. du bord, sur lequel je voyais se dérouler notre route, anticipant les virages à venir, et nous disant où nous devions tourner. Pour se perdre avec un outil pareil, il faudrait vraiment le vouloir !
Malheureusement, il n'existe pas de G. P. S. pour diriger notre vie. Nous sommes bien obligés de nous contenter de l'ancien système de la carte et de la boussole. Notre vie ressemble davantage à une traversée maritime du temps de la marine à voile, sur l'immense océan du temps, qu'à une randonnée sécurisée par un G. P. S. !
À cette époque reculée, trois sortes d'éléments étaient à prendre en compte dans la direction du navire. Les premiers se trouvaient à bord même du bateau : les cartes marines, le compas, sorte de boussole perfectionnée, et le sextant pour faire le point. Les seconds se situaient autour du bâtiment : les courants marins et les vents. Quant aux derniers, ils étaient loin du vaisseau, c'étaient les phares et les astres.
Il y a là une analogie frappante avec la manière spirituelle de diriger sa vie. Nous avons, à bord de notre esquif, une merveilleuse carte qui est la parole de Dieu. Notre conscience, purifiée et ajustée par le Saint-Esprit, constitue notre boussole.
Comme le bateau est environné des courants et des vents, notre vie est souvent le jouet de circonstances extérieures à nous-mêmes, et que nous ne maîtrisons pas. Il faut apprendre à les évaluer à leur juste valeur ; se souvenir qu'une circonstance favorable n'est pas nécessairement une approbation divine : Jonas, dans sa désobéissance, a immédiatement trouvé un bateau en partance pour Tarsis (Jonas 1.3) ; qu'une circonstance défavorable ne signifie pas obligatoirement la désapprobation de Dieu : Jésus avait dit "passons à l'autre bord", et pourtant la tempête s'est levée (Marc 4.35-38).
Les phares établis le long de la côte donnaient de précieuses indications aux navigateurs. Ils n'ont pas été installés au hasard, mais sont le fruit de l'expérience, souvent tragique, de nombreux marins. Dieu a donné à l'église des ministères expérimentés, dont les conseils sont souvent précieux pour diriger notre vie. Mais il convient de ne point suivre aveuglément les conseils de n'importe qui. Souvenons-nous des naufrageurs qui allumaient des feux pour tromper les capitaines !
D'autres lumières, bien plus éloignées, celles-là, sont le soleil et les étoiles. Infiniment précieuses aux navigateurs, elles leur permettaient de faire le point, et de savoir exactement où ils en étaient de leur voyage. La Bible nous donne de nombreux exemples de femmes et d'hommes de Dieu fidèles, qui nous montrent le chemin. En comparant notre vie avec la leur, nous serons à même de savoir où nous en sommes dans notre marche avec le Seigneur.
Il ne me reste qu'à nous souhaiter à tous un bon voyage, même sans G. P. S. !
