Savoir attendre
Par Jean-Claude Guillaume  |  7 commentaires  |  Lu 8121 fois
       
 

Cher Pasteur,

Je me souviens que lorsque j'étais enfant, j'avais beaucoup de mal à attendre. Quand les vacances approchaient, j'avais du mal à réfréner mon impatience, tant il me semblait que les jours se traînaient ! Et lorsque nous avons eu des enfants, puis des petits-enfants, et enfin des arrière-petits-enfants, j'ai constaté que c'était pour eux la même chose. Leur dire qu'ils verraient leur désir se réaliser dans une semaine leur était intolérable ; il fallait que ce fût tout de suite !

C'est, bien sûr, particulier à l'enfance, et avec la maturité, on apprend l'art d'attendre. Mais est-ce bien le cas dans tous les domaines ?

Savons-nous attendre, avant de porter un jugement définitif sur quelqu'un, d'avoir entendu le pour et le contre ? Un dicton populaire affirme : "Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son". Chacun sait qu'il y a au moins deux aspects à toute affaire ; sommes-nous si certains de détenir le seul qui soit juste ? Et puis, est-ce si nécessaire de se précipiter ? C'est le moment ou jamais d'appliquer l'adage : "Hâte-toi lentement". Ne nous est-il jamais arrivé d'avoir honte de nous-mêmes, parce que nous n'avons pas eu la patience - ou la miséricorde suffisante pour attendre ? Nous nous demandons alors pourquoi nous avons jugé si vite, avant de connaître réellement les tenants et les aboutissants.

Le pasteur norvégien Egil Strand raconte l'histoire d'une serveuse noire employée au réfectoire d'une université américaine pendant la guerre. Elle était toujours rayonnante, et les étudiants appréciaient beaucoup sa bonne humeur et sa serviabilité.

Mais un matin, alors qu'elle portait un grand plateau avec les petits-déjeuners, le plateau tomba à terre dans un grand fracas. Les débris de tasses et d'assiettes jonchaient le sol, assaisonnés de jaunes d'œufs et de café. Les étudiants, toujours prompts à apprécier un bon spectacle, hurlèrent de rire, et la bombardèrent de leurs quolibets. Mais lorsque leur excitation se fut apaisée, elle leur dit d'une voix blanche : "Jeunes gens, je crois que j'ai des larmes au bout des doigts, parce que mon garçon vient de se faire tuer hier en Italie, et je viens de l'apprendre. Je crois vraiment que j'ai des larmes au bout des doigts, oui, je crois que c'est ça !".

Un silence glacial se fit dans la joyeuse assemblée, et il était facile de voir que les garçons regrettaient amèrement leur conduite. L'un après l'autre, il s'excusèrent auprès de la serveuse, en disant qu'ils ne savaient pas.

Non, ils ne savaient pas. Nous savons si peu des autres. Nous ignorons ce qui se passe dans le secret. Certaines choses ne sont pas toujours faciles à dire, et diverses circonstances font que ce qu'on fait ou ce qu'on dit prend une tournure différente. Et parce que nous ne savons pas, nous jugeons injustement, et souvent sans miséricorde. Pourquoi ne pouvons-nous pas attendre un peu ?

Mais il arrive que ce ne soit pas seulement l'impatience qui nous empêche d'attendre. Parfois lorsque nous sommes nous-mêmes - ou pensons être - victimes d'une injustice, il n'est pas facile d'être miséricordieux, et nous jugeons durement ceux qui nous ont fait du mal. Si nous conservons cet état d'esprit, attendre devient paradoxalement un piège. Plus le temps passe, et plus l'amertume enfonce ses racines dans le terreau de notre cœur. Le seul et unique remède est le pardon inconditionnel. N'attendons plus pour nous placer devant le Seigneur. Au contact de sa douceur et de sa miséricorde, la glace qui s'est formée autour de notre cœur fondra aux rayons bienfaisants du Soleil de Justice.

Au fond de nous-mêmes, nous n'avons pas le désir d'être injustes et sans miséricorde envers quiconque. Alors, la plupart du temps, sachons attendre. Parfois nous découvrirons que nous nous étions trompés, et nous serons reconnaissants d'avoir attendu. Nous aurons ainsi évité bien des souffrances, pour les autres et pour nous-mêmes.

 

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Vos commentaires (7)

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Posté le 6 Août 2010 à 14h12
aide moi seigneur a s avoir attendre et etre patiente dans chaque situation dispose mon coeur a ne plus juger et a pouvoir mieux ecouter et parler plus lentement sans precipitation et coupee la parole envers mon prochain
 
Posté le 13 Avril 2010 à 17h02
MERCI Seigneur pour ce message. Aide moi Seigneur à etre patience et à intervenir ou à prononcer un jugement en connaissance de causes afin de rester toujours dans la verité de ta parole et ne jamais frustrer les autres ou les condamner par ignorance. Toi SEUL Seigneur sait tout et voit c'est pourquoi Tu es le juste juge.sois beni mon Seigneur.
 
Posté le 17 Février 2010 à 09h27
Seigneur, merci pour ce message. Papa, bénis ton Oint par qui tu as une fois de plus parlé et que seul l'Honneur et la Gloire te reviennent. Disposes mon coeur à ne plus juger hâtivement et à toujours rechercher les tenants et les aboutissants . Viens et règnes dans ma vie. Au Puissant Nom de ton Fils Jésus - Christ j'ai prié. AMEN Peace and love.
 
Posté le 13 Janvier 2009 à 10h31
Seigneur fait que la glace ne puisse pas se former autour de mon coeur , qu'il n'y aie pas d'amertune en moi , mais de l'amour et de la compassion vis à vis de ceux qui m'ont fait du mal et pardonne moi aussi tout ce que j'ai pu faire de mal . Merci Seigneur pour ton amour et ton pardon .
 
Posté le 12 Janvier 2009 à 16h09
Merci Seigneur pour ce message!!! AMEN
 
Posté le 15 Novembre 2008 à 05h45
"Nous aurons ainsi évité bien des souffrances, pour les autres et pour nous-mêmes". Amen! Que le Seigneur me pardonnes pour mes impatiences du passe et des aujourd'hui, je devienne plus patient pour des choses qui demande la patience.
 
Posté le 21 Août 2008 à 22h42
Seigneur, guide moi, conseille moi et aide moi à attendre le bon moment pour agir en toutes circonstances.