La prédestination
Par Jean-Claude Guillaume  |  21 commentaires  |  Lu 9177 fois
       
 

Le grand réformateur Calvin eut à lutter, à son époque, contre l'enseignement catholique du salut par les œuvres. Cela le poussa vers l'extrême opposé : le salut sans la moindre participation de l'homme, même de sa volonté. Pour lui, le libre arbitre de l'homme n'existe pas.

Nous allons brièvement retracer la doctrine calviniste de l'élection, ou prédestination, puis la comparer avec l'enseignement des Écritures.

 

Résumé de la doctrine calviniste de l'élection :

Dieu est souverain

De toute éternité, Dieu a souverainement décidé que certains hommes, les élus, seraient sauvés par l'œuvre expiatoire de Jésus-Christ, venu mourir sur la croix exclusivement pour eux, et que les autres, les non-élus, resteraient dans leur état de perdition, et seraient damnés.

L'homme est dépravé

L'homme est dans un tel état de dépravation qu'il est incapable d'accepter le salut par son propre choix, car il est en état d'inimitié contre Dieu. Seule l'action du Saint-Esprit peut créer en lui la repentance nécessaire au salut. Mais le Saint-Esprit n'accomplit cette œuvre que chez les élus, qui seront tous sauvés, quoi qu'il arrive. Le libre arbitre n'existe pas, et si l'on fait partie des élus, on ne peut pas perdre son salut.

Cela est-il injuste ?

Les Calvinistes utilisent un raisonnement pour prouver que cette doctrine n'a rien d'injuste. Ils disent que l'élection ne repose pas sur la justice de Dieu, mais sur sa grâce. Voici ce raisonnement :

"Imaginons qu'un directeur de prison décide souverainement de libérer trois prisonniers. Ce pardon est un bienfait accordé à ces trois hommes, qui ne lèse en aucune manière ceux qui restent en prison. Le raisonnement se poursuit en disant qu'il n'y a là aucune injustice, car les autres détenus sont en prison, non à cause du manque de pardon du directeur à leur égard, mais à cause de leurs crimes.

De même, toute la race humaine est vouée à la perdition. Dieu, en choisissant souverainement de sauver un certain nombre d'individus, sans aucun mérite de leur part, ne lèse pas ceux qu'il laisse délibérément dans leur état de perdition !

 

Ce sophisme, car c'en est un, pourrait fort bien être énoncé d'une autre manière, tout aussi convaincante :

Un bateau de plaisance a coulé. Dix personnes se débattent dans les flots et sont sur le point de se noyer. Une équipe de sauveteurs, malgré les puissants moyens dont elle dispose, décide souverainement de n'en sauver que cinq. Si  nous nous alignions sur les conclusions du sophisme calviniste, nous dirions : les dix étaient de toute façon voués à la mort, donc les cinq non sauvés n'ont pas été lésés par le sauvetage des cinq autres !

Méfions-nous des faux raisonnements qui n'existent que pour soutenir un point de vue qui n'a pas de solides appuis dans l'Écriture.

 

Un autre faux raisonnement des Calvinistes est ce dilemme :

  • Si Dieu essaie de sauver chaque membre de la race déchue d'Adam, et n'y réussit pas, c'est que sa puissance est limitée. Il n'est donc pas le Dieu Tout-Puissant.
  • S'il n'essaie pas de sauver chaque membre de la race déchue, sa miséricorde est limitée.
  • La solution proposée par les Calvinistes est le second terme de cette alternative, accepté en s'abritant derrière l'indiscutable souveraineté de Dieu, et en citant volontiers le texte :

    "Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j'aurai compassion de qui j'ai compassion..." (Rom. 9.15)

    Il est à notre avis tellement plus simple de penser que Dieu, ne voulant pas créer un automate ou un robot, mais une créature capable de répondre à son amour par un amour réciproque, a donné à l'homme le droit de choisir librement, s'interdisant par là même toute ingérence ou dirigisme au niveau de la volonté de l'homme. Cette autolimitation de sa puissance n'affecte en rien le principe de sa toute-puissance. Prenons, à notre tour, un exemple : Un marteau-pilon d'une puissance extraordinaire est parfaitement capable, lorsqu'il est convenablement réglé, de casser une coquille de noix sans en écraser la chair. Est-ce à dire que sa puissance réelle est limitée ?

    Lorsque la doctrine calviniste parle de la dépravation de l'homme, elle fait ce que Dieu n'a jamais fait : ôter à l'homme sa faculté de choisir, ou en d'autres termes, son libre arbitre. Selon cette doctrine, l'homme naturel est totalement incapable, de lui-même, d'opter pour Dieu, citant à l'appui de cette affirmation le texte de Paul :

    "Mais l'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge." (1 Co. 2.14)

    Voilà encore un texte pris hors de son contexte, et qui devient un prétexte ! Paul parle ici de la

    "... sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, sagesse qu'aucun des chefs de ce siècle n'a connue, car, s'ils l'eussent connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. Dieu nous les a révélées par l'Esprit" (1 Co. 2.7-10)

    Il n'est pas du tout question ici de la faculté que tout être humain possède, celle d'accepter ou de refuser, de croire ou ne point croire, mais des mystères de la sagesse de Dieu. Autrement, à quoi servirait-il que le Saint-Esprit vînt pour convaincre "le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement" (Jn. 16.8).

     

    Selon les Calvinistes, le Saint-Esprit se substitue en quelque sorte à la volonté de l'homme, ou, par un subtil euphémisme, communique à l'homme sa propre volonté, puisque celle de l'homme est, de par sa totale dépravation, totalement défaillante à l'égard de Dieu. Reconnaître à l'homme un libre choix reviendrait, selon eux, au salut par les œuvres !

    Il faut se souvenir que le but de Calvin était de prouver que l'homme n'est pas sauvé par ses œuvres, mais que Dieu seul est l'artisan du salut de l'homme. Il s'est en priorité appuyé sur certains textes qui soulignent la souveraineté de Dieu dans ses choix, en interprétant ces textes d'une manière tendancieuse. Tournons-nous donc maintenant vers l'Écriture, et découvrons comment elle répond à cette question que nous pose la doctrine calviniste :

    Le salut est-il limité à une classe d'individus appelés les élus, à l'exclusion de tous les autres humains, ou est-il proposé à tous les hommes ?

    Les textes qui vont suivre sont parfaitement clairs. Comme ils sont très gênants pour la santé de la doctrine calviniste, on tourne la difficulté en affirmant d'une manière totalement gratuite que les "quiconque" et les "tous" sont tout simplement limités aux "élus" ! Pour bien affirmer la position de la Bible à ce sujet, nous avons choisi, au risque de lasser le lecteur, de citer une majorité de textes :

    "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle" (Jn. 3.16)

    "La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle..." (Jn. 6.40)

    "Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi." (Jn. 12.32)

    "... quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé." (Actes 2.21 ; = Rom. 10.13)

    "Dieu, sans tenir compte des temps d'ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu'ils aient à se repentir... " (Actes 17.30)

    "Car je n'ai point honte de l'Évangile : c'est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit" (Rom. 1.16)

    "Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils [donc tous - en puissance] sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ." (Rom. 3.23‑24)

    "Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes." (Rom. 5.18)

    " Quiconque croit en lui ne sera point confus." (Rom. 10.11)

    "Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous." (Rom. 11.32)

    Note : Il est impossible à tout lecteur de bonne foi d'attribuer au premier "tous" (tous les hommes renfermés dans la désobéissance) un sens global : toute la race humaine déchue, et au second "tous" (miséricorde à tous) un sens restrictif : seulement tous les élus ! C'est pourtant la manière de lire des Calvinistes !

    "Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous" (1 Tim. 2.5‑6)

    "... nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants." (1 Tim. 4.10)

    Note : L'ambiguïté de ce texte n'est qu'apparente. Il est, en puissance, le Sauveur de tous les hommes, car tous les hommes ont la possibilité de l'accepter, mais il l'est principalement des croyants qui, eux, l'ont déjà accepté.

    "Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée." (Tite 2.11)

    "Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance." (2 Pi. 3.9)

    "Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier." (1 Jn. 2.2)

    Si Christ n'est mort que pour les élus, comme le prétend Calvin, c'est-à-dire uniquement pour ceux qui sont prédestinés au salut, les textes ci-après n'ont aucun sens :

    "Mais si, pour un aliment, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l'amour: ne cause pas, par ton aliment, la perte de celui pour lequel Christ est mort." (Rom. 14.15)

    "Et ainsi le faible périra par ta connaissance, le frère, pour lequel Christ est mort !" (1 Co. 8.11)

    "… de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l'alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce ?" (Héb. 10.29)

    "Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine." (2 Pi. 2.1)

    Note : Voilà des gens pour lesquels Christ est mort, qui ont été sanctifiés par le sang de l'alliance, que le maître a rachetés, et qui vont périr ! C'est incompatible avec la doctrine calviniste, selon laquelle les élus seront tous sauvés, quoi qu'il arrive !

    Ces nombreux textes de l'Écriture devraient suffire à convaincre toute personne de bonne foi concernant l'universalité de l'offre de salut que Dieu adresse aux hommes, et les conséquences de leurs choix personnels.

    Une correspondance entre un certain C. D. Cole, ardent défenseur du calvinisme, et Mme Marjorie Bond (Cette correspondance a été publiée par la "Bryan Station Baptist Church"), fait état d'une véritable politique de l'autruche devant la clarté de ces textes qui réduisent à néant la doctrine de l'élection selon Calvin. Madame Marjorie Bond écrit, relatant sa conversation avec une personne troublée par ces textes si clairs :

    "Je lui dis : [...] le Dr. Cole m'a dit de ne pas essayer de concilier tous les points de cet enseignement avec d'autres passages des Écritures, parce que cela ne ferait que créer chez vous de la confusion. [...] Je suppose que j'ai suffisamment lutté pour essayer de faire tenir l'océan de Sa théologie dans la tasse de ma pensée, et que je vais maintenant cesser de me tracasser au sujet des points que je ne comprends pas..."

    Le Dr. Cole, dans sa réponse, admet lui-même que certaines questions le laissent perplexe :

    "... Je puis vous répondre en toute sympathie, parce que vos problèmes sont aussi les miens. Bien que mon désir fût de les résoudre pour vous, je crains que mes efforts soient décevants..."

    Il dit aussi :

    "Au risque de paraître inconséquents, acceptons tous les textes de l'Écriture, que nous puissions ou non les harmoniser. Le Dr. J. B. Moody (l'un de mes pères en la foi) disait souvent que si l'on voulait attendre, pour accepter les doctrines, qu'elles fussent harmonisées, on ne pourrait jamais y adhérer ; le moyen de les harmoniser, c'est de les accueillir sans se poser de questions, et elles s'harmoniseront à l'intérieur de l'âme. Cela peut ne pas être entièrement vrai, mais c'est une aide. Je n'affirme pas qu'il ne faille faire aucun effort pour harmoniser des doctrines apparemment contradictoires, mais je veux mettre en garde contre une détermination persistante à le faire."

    Le Dr. Cole termine sa lettre ainsi :

    "J'aurais aimé pouvoir vous être d'une plus grande aide dans cette réponse à vos questions. Permettez-moi de vous exhorter à ne pas vous faire de souci concernant votre incapacité à réconcilier des doctrines qui semblent contradictoires à notre intelligence limitée..."

    Que voilà donc une façon bien simpliste de faire de l'exégèse. J'accepte la chose et son contraire sans poser de questions, et tout cela va s'harmoniser dans le fond de mon âme ! Il faut vraiment être particulièrement à court d'arguments pour adopter une telle attitude, qui s'apparente à un suicide intellectuel.

    Nous allons maintenant nous tourner une fois encore vers l'Écriture, qui est notre unique autorité en matière de foi, et qui ne présente pas toutes les contradictions que nous rencontrons dans la doctrine de l'élection de Calvin.

    Il existe pourtant dans la Bible des termes qui, à première vue, semblent donner de solides arguments à la doctrine calviniste. Tout d'abord, le mot élection s'y trouve cinq fois ; les mots élus, élue, vingt-huit fois ; le mot prédestiné(s), cinq fois. Mais il nous faut bien comprendre leur signification, en harmonie parfaite (n'en déplaise au Dr. Cole !) avec les autres textes que nous avons cités plus haut sur deux pages entières.

    Mais pour découvrir le véritable sens de ces mots, il nous faut de toute nécessité une clé. Sans cette clé, on bifurque inexorablement vers la doctrine calviniste, avec son lot de contradictions. Voici cette clé :

    "Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés." (Ro. 8.29‑30)

    Paul, dans ce texte, lie étroitement la prédestination à la prescience de Dieu. Et cette prédestination concerne le salut. De même :

    "Pierre, apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui sont étrangers [...] et qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l'Esprit, afin qu'ils deviennent obéissants..." (1 Pi. 1.1-2)

    Un des attributs de Dieu est l'omniscience. Dieu connaît toutes choses, passées, présentes et à venir. Sa prescience est un des aspects de son omniscience. Nous, les humains, nous vivons dans un univers assujetti à la dimension "temps". Pour nous, le présent n'existe pas ; le futur se transforme immédiatement en passé. Les mots que vous venez de lire sont du passé, et ceux que vous allez lire à leur suite appartiennent au futur. Le présent n'est donc pas, comme on l'admet communément, intercalé entre le passé et le futur. Le présent appartient à Dieu seul, et donc parfaitement inconcevable à notre échelle. Dieu se présente au présent :

    "Dieu dit à Moïse :  Je  suis  celui qui  suis . Et il ajouta : C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël : Celui qui s'appelle 'je  suis' m'a envoyé vers vous. Dieu dit encore à Moïse : Tu parleras ainsi aux enfants d'Israël : L'Éternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, m'envoie vers vous. Voilà mon nom pour l'éternité, voilà mon nom de génération en génération." (Ex. 3.14‑15)

    Nous n'essaierons pas de comprendre les mystères de l'éternité, qui appartiennent à Dieu seul. Mais voici quelques idées personnelles, que nous nous gardons bien d'ériger en doctrine, mais qui pourraient intéresser le lecteur. Nous ne concevons pas l'éternité comme du temps qui se déroule indéfiniment. Nous imaginons l'éternité comme un éternel présent qui englobe le temps.  Si, pour aller d'un point à un autre sur la jante d'une roue de bicyclette, il faut accomplir un certain parcours, le moyeu central a, lui, par les rayons, un accès direct à tous les points de la jante. Le présent de Dieu renferme donc ce que nous appelons sur terre le passé et le futur. Lors donc que la Bible parle de ceux "qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père" (1 Pi. 1.2), nous découvrons que Dieu regarde dans notre futur. Mais lorsque nous lisons :

    "En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté..." (Éph. 1.4‑5)

    nous voyons que Dieu se réfère à ce que nous appelons le passé. Mais pour lui, passé ou futur ne font aucune différence. C'est l'idée la plus vraisemblable que nous puissions nous faire de son omniscience.

    Il nous semble donc très compréhensible que Dieu, sachant par sa prescience qu'il y aurait, au sein de l'humanité, des femmes et des hommes prêts à accepter son plan de rédemption, ait décidé de leur donner un statut spécial, celui de "ses enfants d'adoption" et cela "par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté".

    Voyons maintenant de plus près la véritable doctrine biblique de l'élection, bien différente de celle de Calvin. Dieu, afin de préparer, au sein de la race déchue d'Adam, son plan de rédemption, prévu, lui aussi "avant la fondation du monde" (1 Pi. 1.19-20), s'est choisi un peuple terrestre qu'il a souverainement élu, le peuple d'Israël. Dans l'Ancien Testament, nous rencontrons sept fois le mot "élus", et dans le Nouveau Testament, quatre fois le mot "élection" appliqués au peuple d'Israël. Cette élection n'implique pas du favoritisme de la part de Dieu, mais une mise à part de ce peuple pour une tâche bien particulière, celle de recevoir la loi, afin de prouver aux hommes (Dieu s'adresse aussi à l'intelligence de ses créatures !) que même un peuple divinement choisi, possédant une loi divinement promulguée, est incapable par lui-même de satisfaire à la justice de Dieu :

    "S'il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l'Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus-Christ à ceux qui croient. Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi." (Gal. 3.21-24)

    Ce texte montre clairement le rôle de la loi donnée au peuple terrestre de l'élection : conduire les hommes à Christ. Dieu a donc élu un peuple terrestre, afin qu'il fût le berceau d'une nouvelle élection. Non plus l'élection d'un peuple terrestre, mais celle d'un peuple céleste, des femmes et des hommes "prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères." (Rom. 8.29)

    Les Calvinistes objectent que fonder l'élection des rachetés sur la prescience de Dieu fait reposer la source du salut de l'homme dans le libre choix de ce dernier et non dans la grâce de Dieu. Cette objection est manifestement le fruit de ce souci constant de considérer l'homme comme totalement dépravé, incapable même d'exercer sa volonté pour se tourner vers Dieu. Cette attitude ne nous semble pas conforme à l'enseignement de la Bible qui exhorte constamment le pécheur à se repentir et a accepter le pardon de Dieu. Nous ne voyons pas non plus comment on peut affirmer qu'un homme qui se repent et accepte Christ doit son salut à lui-même et non à la grâce de Dieu.

    Ceux qui ont accepté Christ comme leur Sauveur personnel, et sont passés par la nouvelle naissance sont donc bénéficiaires de l'élection, c'est-à-dire de tout ce que Dieu a réservé pour eux dans son plan d'amour. Si l'homme n'a strictement rien a voir dans cette élection, et qu'elle existe indépendamment de l'homme, uniquement de par la volonté et le bon plaisir souverains de Dieu, comment l'apôtre Pierre peut-il exhorter les chrétiens en ces termes :

    "C'est pourquoi, frères, appliquez-vous d'autant plus à affermir votre vocation et votre élection ; car, en faisant cela, vous ne broncherez jamais. C'est ainsi, en effet, que l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera pleinement accordée." (2 Pi. 1.10‑11)

    Si l'élection est totalement indépendante de l'homme, comment peut-on l'affermir ?

    Il nous reste maintenant à examiner un texte qui semble à priori donner de solides arguments à la doctrine calviniste de l'élection. C'est le chapitre 9 des Romains. Dans ce chapitre, Paul fait une magnifique apologie de la souveraineté de Dieu. Et bien que nous croyons au libre arbitre que Dieu lui-même a donné à l'homme, et qu'il ne lui a jamais, à notre connaissance, retiré, nous sommes pleinement d'accord pour dire que l'homme a un constant besoin de l'aide de Dieu. Si Dieu ne se substitue pas à la volonté de ses créatures, il ne manque pas d'exercer une influence puissante sur elles :

    "... car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir." (Phil. 2.13)

    Il est nécessaire de préciser que ce que nous appelons libre arbitre n'a rien à voir avec les œuvres de l'homme. Il s'agit uniquement de sa libre volonté de choix, et non sa capacité à produire par lui-même quoi que ce soit de bon, particulièrement en ce qui concerne son salut :

    "Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie." (Éph. 2.8‑9)

    Dieu reste donc souverain, et c'est lui seul qui garde l'initiative dans ses rapports avec ses créatures. Mais dans ses décisions parfaites, Dieu fait aux hommes l'immense faveur de tenir compte de sa prescience, qui lui fait connaître par avance les choix que la volonté de l'homme lui fera faire. Et cette faveur fait également partie de son immense grâce.

    Si nous lisons Romains 9 dans cette optique, le texte devient clair :

    "Et, de plus, il en fut ainsi de Rébecca, qui conçut du seul Isaac notre père ; car, quoique les enfants ne fussent pas encore nés et qu'ils n'eussent fait ni bien ni mal, - afin que le dessein d'élection de Dieu subsistât, sans dépendre des œuvres, et par la seule volonté de celui qui appelle, - il fut dit à Rébecca : L'aîné sera assujetti au plus jeune ; selon qu'il est écrit : J'ai aimé Jacob Et j'ai haï Ésaü. Que dirons-nous donc ? Y a-t-il en Dieu de l'injustice ? Loin de là ! Car il dit à Moïse : Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j'aurai compassion de qui j'ai compassion. Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. Car l'Écriture dit à Pharaon : Je t'ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre. Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. Tu me diras : Pourquoi blâme-t-il encore ? Car qui est-ce qui résiste à sa volonté ? O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé : Pourquoi m'as-tu fait ainsi ? Le potier n'est-il pas maître de l'argile, pour faire avec la même masse un vase d'honneur et un vase d'un usage vil ? Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition, et s'il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu'il a d'avance préparés pour la gloire ?" (Rom. 9.10‑23)

    Ce texte semble donner raison à la doctrine calviniste, mais, en réalité, il n'en est rien. Si nous oublions la prescience de Dieu, ce texte semble parler d'une prédestination inconditionnelle : "Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde", avons-nous lu, et de même : "des vases de colère formés pour la perdition [...] des vases de miséricorde qu'il a d'avance préparés pour la gloire". Lorsque Paul cite ce qui a été dit à Pharaon, il écrit :

    "Car l'Écriture dit à Pharaon : Je t'ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre" (Rom. 9.17)

    Il ne faut pas oublier que le récit de l'Exode nous dit que six fois "... le cœur de Pharaon s'endurcit..." ou "... Pharaon endurcit son cœur...". Ce n'est que la septième fois qu'il est dit : "... Dieu endurcit le cœur de Pharaon..." (Ex. 7.13, 22 ; 8.11, 15, 28 ; 9.7, 12). Il est ici clair que si, d'une part, Dieu a pu susciter Pharaon à dessein, d'autre part il connaissait par avance la nature du cœur de Pharaon. Quant au passage parlant "des vases de colère formés pour la perdition [...] des vases de miséricorde qu'il a d'avance préparés pour la gloire", Paul n'affirme nullement qu'il en est ainsi, car après avoir souligné la souveraineté absolue de Dieu en prenant l'image du potier maître de l'argile, il dit : "Et que dire, si...". Le "si" implique une supposition, non une affirmation. Paul, dans tout ce passage, n'est pas en train de faire une étude sur la prédestination, mais son souci est d'affirmer que la souveraineté de Dieu ne peut être le sujet d'une quelconque contestation de l'homme. Et il fait une supposition, que nous pourrions appeler un raisonnement par l'absurde : Quand bien même Dieu déciderait des choses révoltantes au jugement limité de l'homme, nous n'aurions aucun droit de le contester, car Dieu est parfait et ne peut commettre d'injustice : "Ô homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ?"

    Nous rejoignons par là l'idée de la totale souveraineté de Dieu chère aux Calvinistes, sans toutefois ôter à l'homme sa liberté de choix, chère à Dieu depuis la création de l'homme. Pourquoi, en effet aurait-il donné à nos premiers parents la faculté de choisir entre l'obéissance et la désobéissance, si ce n'est parce que Dieu voulait avoir avec l'être humain une relation fondée sur l'amour ? Or il est parfaitement évident que pour que l'amour ait une quelconque valeur, il faut nécessairement qu'il soit librement et mutuellement consenti. Ayant donc dès l'origine donné ce libre arbitre à l'homme, pourquoi Dieu le lui aurait-il repris après la chute ? Aucun texte ne peut accréditer cette hypothèse, bien au contraire. Pour que Dieu fasse appel à la volonté de Caïn, il fallait bien qu'il en eût une :

    "Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui." (Gen. 4.7)

    D'aucuns diront : à quoi bon discuter et polémiquer sur des doctrines qui n'ont pas une grande importance dans la vie des rachetés ? Nous allons montrer que la doctrine calviniste de l'élection n'est pas si inoffensive que cela.

    Tout d'abord, qu'on le veuille ou non, c'est une doctrine élitiste, qui renferme en elle-même toutes les racines du racisme. Elle pourrait affirmer : Nous, chrétiens, élus de Dieu et non rejetés comme le reste des hommes, nous sommes une caste de privilégiés. Ah ! Comme cela est gratifiant de se savoir différent du commun des mortels ! Il n'y a, dans cette forme de pensée, rien de très spirituel. Et elle peut entraîner de graves conséquences.

    Lors de notre séjour en Afrique du Sud, nous fûmes profondément étonnés, pour ne pas dire choqués, d'apprendre que l'apartheid avait son origine... dans l'église réformée hollandaise ! Les Boers, ou paysans hollandais venus s'installer en Afrique du Sud, appartenaient pour la plupart à cette église d'obédience calviniste. Ils se considéraient comme le "peuple élu", par rapport aux populations indigènes, qu'ils réduisirent à un dur esclavage, transposant l'histoire du peuple hébreu en Canaan à leur situation. Le "peuple élu" ne devait pas avoir de relations avec les "Cananéens", ces peuplades païennes qui les entouraient. D'où la naissance de l'apartheid, ou ségrégation entre les noirs et les blancs.

    Que Dieu nous délivre de tout racisme ! Nous terminerons cette étude par ce verset tellement connu que nous risquons parfois d'en oublier la portée universelle :

    "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle." (Jn. 3.16)

     

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    Posté le 9 Mai 2012 à 13h11
    Bonjour, en lisant les commentaires suite l'enseignement donné, je constate que nous oublions une réalité très importante. L'être humain est pécheur et donc mort spirituellement. L'image du mort est réelle. Un mort ne peut choisir la vie. Il faut que Dieu intervienne dans la vie de cette personne afin de lui donner la possibilité de choisir et une fois éclairé, la personne (l'élu) choisi librement la vie (Jésus-Christ). Nous méritons tous la mort...cela est juste. Que Dieu choisisse un plutôt qu'un autre n'est pas de "l'injustice" c'est sa grâce parce que la justice c'est la mort et l'injustice serait que personne ne paie un prix. Heureusement Christ est notre justice. Personnellement, je suis calviniste mais pas comme Mr Guillaume, arminianiste l'explique. Pour avoir plus fidèle à la pensée calviniste voici le lien si on me le permet: http://www.samizdat.qc.ca/vc/theol/salut_ap.htm#fn1
     
    Posté le 24 Août 2011 à 11h40
    « Connaître d’avance » ne veut pas dire « savoir à l’avance qui va croire » mais « choisir » a) Paul écrirait un chapitre entier de théologie simplement pour nous dire que Dieu sait qui va croire ? b) Le but de Paul dans ce passage est d’encourager les Chrétiens et confirmer qu’il ne perdront pas leur salut (le verset 29 debute par "car". Pourquoi ce "car"?) Le fait que Dieu sache à l’avance qui va croire n’encourage personne. c) le verbe « connaître » dans la Bible a le sens fort « aimer » et de « choisir » quand il s’applique à Dieu (sens de l’hébreu). AT : par ex. voir Gen 18.19, Jer 1.5, Amos 3.2 (toujours « connaître » dans l’hébreu). NT : voir 1 Co 8.3 & Gal 4.9. d) Paul utilise le même verbe « connaître d’avance » deux chapitres plus loin (11.2) dans le sens de « choisir ». Même verbe en 1 Pi 1.20 (à propos du Christ), même sens. e) Paul dit que ceux qu’il a connu d’avance il les a aussi « appelés ». Qu’est-ce à dire sinon que Dieu agit en eux pour leur ouvrir l’esprit et leur donner la foi ? (voir Jn 6.65, Ac 16.14, Phi 1.29, 2 Tim 2.25). Nul besoin « d’appeler » ceux qui vont croire tout seul. « Appeler » peut parfois signifier proclamer l’évangile de manière générale (ex Mat 22.14) mais quand il concerne des personnes précises comme ici il signifie évidement une action spéciale de Dieu. f) Eph 1.3 : Paul explique sur quelle base Dieu choisit certaines personnes: selon son bon plaisir ! Comme il l’a toujours fait depuis le début et à travers tout l’ancien testament. La clé qui devait tout expliquer s’avère être une fausse clé…
     
    Posté le 13 Janvier 2011 à 09h19
    Autre question; si le terme "prédestiner" doit se lire avec la clé de la prescience de Dieu, qu'en est-il des traductions bibliques ou le terme est "choisis" ?
     
    Posté le 12 Janvier 2011 à 23h34
    Qu'en est-il de Juda ? avait-il le choix ou était-il prédestiner ? Et du pharaon (avec Moïse)... aurais-t-il pu choisir de suivre le Dieu de Moïse ?
     
    Posté le 12 Février 2010 à 00h05
    si on etait predestiné il n'y aurait pas d'enfer mais que le paradis et les autres oubliés DIEU ne fait pas de favoritisme si toi si mauvais donne du poisson à ton enfant mais un serpent qui puis est DIEU ...dans son AMOUR ET SA MISERICORDE fait misericorde à qui lui demande misericorde le debut de la sagesse est la crainte de DIEu le debut de l'intelligence est l'abandon du péché job28:28
     
    Posté le 1 Février 2010 à 19h43
    Dernier suite - Et si je vais tenter d’expliquer ou exposer ces choses, je vais essayer de trouver une manière de faire un pont entre les idées qui semblent contradictoires, pour essayer de prouver que toute la Parole de Dieu est vrai, et qu’il n’a pas fait une erreur de frappe en écrivant le mot "prédestiné"...
     
    Posté le 1 Février 2010 à 23h28
    Cher non-calvinste-non-pentecôtiste. Oui, les deux idées sont vraies, mais absolument pas illogiques, si l'on tient compte de la PRESCIENCE de Dieu. Je n'essaie pas de "tordre les Écritures" pour asseoir ma conviction, mais je laisse parler les textes, car moi aussi, "je veux être un homme de la Bible". Ce n'est pas moi qui ai écrit ceci : "Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés." (Ro. 8.29 30). "Pierre, apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui sont étrangers [...] et qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l'Esprit, afin qu'ils deviennent obéissants..." (1 Pi. 1.1-2). "Connus d'avance", "prescience", voilà la clé de l'énigme! Amitiés.
     
      Réponse de jprovernon (France)
    Posté le 2 Février 2010 à 18h42
    :) C'est bien vu---je n'avais pas vu 1 Pierre 1.1-2 sous cette angle-là. (Je suis américain, et en général je lis ma Bible en anglais, la version ESV, qui ne se lit pas complètement de la même manière.) On pourrait effectivement penser que ce verset veut dire que Dieu nous a choisis parce qu'il savait que nous allions LE choisir... mais à mon avis, faire cela serait encore de lire quelque chose dans le texte qu'il ne dit pas. Je pourrais, pour exemple, aussi dire que selon ce verset, que nous sommes "élus selon la prescience de Dieu" parce qu'il savait qui IL allait élire. A ne prendre que ce passage, les deux suppositions vont bien plus loin que le texte, ce que je trouve dangereux. La même chose est vraie pour Rom. 8.29-30. Pour comprendre ces versets il faut les regarder dans le contexte de toute l'Ecriture, où il est marqué, par exemple, que nous sommes esclaves au péché et à notre chair, et que "l'affection de la chair... ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas." (Rom. 8.7) La prescience de Dieu ne peut déterminer son élection (dans le sens où il savait que j'allais le choisir), car moi pécheur "ne le peux même pas". (voir suite)
     
      Réponse de jprovernon (France)
    Posté le 2 Février 2010 à 19h03
    (suite) Si je ne peux pas choisir Dieu, je dirais plutôt l'inverse, que je crois parce qu'il m'a destiné à croire : "ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent" (Actes 13.48). Ou encore Eph. 1.11 : "En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté" (et pas d'après mon choix). Merci de m'avoir fait réfléchir ! Ce genre d'échange est bien enrichissant. Fraternellement. (Ces deux commentaires sont destinés à Jean-Claude.)
     
    Posté le 1 Février 2010 à 19h42
    Suite 3 - La seule manière biblique de traiter de tels sujets en faisant honneur à toute la Parole de Dieu est d’accepter la conclusion—bien qu’illogique—que les deux idées sont vraies, qu’elles ne sont pas contradictoires, et que pour l’instant Dieu n’a pas décidé de révéler comment cela puisse être possible : chose impensable pour la plupart des évangéliques. Mais pour ma part, la crainte de Dieu et de sa Parole fait que je ne pourrais jamais oser faire des tours philosophiques avec des versets bibliques (car il s’agit bien de cela), de tenter de changer ce qu’ils disent alors que Dieu ne m’en a jamais donné ce droit. Mon souhait est d’être ni un Calviniste, ni un Pentecôtiste ; je veux être un homme de la Bible. Si je veux être un tel homme, je dois l’accepter dans son intégralité—les passages dérangeants aussi bien que les passages rassurants, et de lui faire confiance que je comprendrai un jour ces choses qui me semblent contradictoires, mais qui ne le sont pas... (voir suite)
     
    Posté le 1 Février 2010 à 19h42
    Suite 2 - Il faut, je crois, faire une chose que personne n’a envie de faire : de considérer que les deux sont vraies. Pourquoi serait-ce impossible que Dieu appelle le monde et offre le salut au monde, tout en faisant grâce et miséricorde à qui il veut ? Comme Paul a dit, « Qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé : Pourquoi m'as-tu fait ainsi ? » (Rom. 9.20) C’est étrange, et je ne le comprends pas, mais les deux vérités—la prédestination et l’appel que tous soient sauvé, ainsi que la dépravation totale de l’homme et les appels de Dieu qu’il choisisse sa es voies—sont bibliquement vraies. John Piper a dit : « Il n’est pas bon que nous sachions tout, et donc n’a pas tout révélé ; et il est bon de savoir certaines choses, même si nous ne pouvons pas les expliquer. » Pour argumenter de manière humaine, d’un côté ou de l’autre, il est nécessaire d’argumenter une vérité contre l’autre, adopter une vérité et abandonner l’autre.... (Voir suite)
     
    Posté le 1 Février 2010 à 19h41
    Suite 1 - Pourtant, il est vrai aussi que la Bible nous dit que Dieu veut que « tous les hommes soient sauvés » (1 Tim. 2.4). C’est une erreur de la part des évangéliques d’essayer de contourner les versets d’Ephésiens 1 (ou les autres passages cités dans cet article) ; et ce serait aussi une erreur de la part des Calvinistes d’oublier ou d’ignorer 1 Timothée 2.4. David a dit que « La loi du Seigneur est parfaite ; elle restaure l’âme. » (Ps. 19.7) Toute sa loi, toute sa Parole. Nous avons tous la tendance à tomber dans le travers de regarder un texte qui rend mal à l’aise, comme Romains 9, et de dire : « Non, il ne peut pas vouloir dire ça ; ça doit signifier autre chose. » Mais Dieu ne nous a jamais donné le droit de faire ainsi. La prédestination de ceux qui choisirait Dieu et l’appel que tous choisissent Dieu : ces idées sont toutes les deux présentées et affirmées dans la Bible. Alors que faire ?... (voir suite)
     
    Posté le 1 Février 2010 à 19h40
    Nous avons tous besoin de faire attention de ne pas permettre que ce que nous aimerions croire puisse affecter notre interprétation de la Bible. Il est clair que l’idée de la prédestination est très peu agréable à ruminer ; la Bible enseigne pourtant que « En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, 5 nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté… » (Eph. 1.4-5). Tout argument évangélique que j’ai entendu pour expliquer de tels versets (parce qu’ils sont nombreux) se résume à trouver une manière de dire que ce que dit le verset ne veut pas vraiment dire ça. Mais ces tentatives d’expliquer équivalent bien souvent à manipuler les paroles de Dieu pour en faire une doctrine humaine. (Car le mot « prédestiner » veut dire décider d’avance, et la traduction française du mot grec est fidèle.) (voir suite)
     
    Posté le 30 Décembre 2009 à 11h16
    Bon article ! Un reproche cependant: utiliser l'exemple du Dr Cole est inapproprié car l'argument ne vaut que pour le Dr Cole, qui n'est en rien LE représentant du Calvinisme; il n'en est qu'un représentant, avec ses faiblesses et erreurs. On pourrait (très) aisément trouver des représentants du "libre-arbitre" avec des arguments aussi faibles... Concernant les versets indiquant que des fréres pouvaient se perdre par la suite, ça n'est pas contradictoire avec le Calivinisme; un frère n'est pas nécessairement un élu. D'ailleurs, les calvinistes ne savent pas s'ils sont élus. Concernant la prédestination, il faut reconnaitre que "tout" est fait dans la bible pour semer le doute et la confusion... Même les versets indiquant que Dieu veut que *tous* soient sauvés, laissent perplexes: le verset 2Pi 3:9 par exemple, indique que Dieu use de patience pour que tous puissent se repentir; mais c'est l'inverse qui se passe: de plus en plus de personnes (les non élus ?) ne croient pas et vont directement en enfer. Jésus lui-même s'interroge s'il y aura la foi sur terre quand il reviendra ! Dieu attend-il que tous les élus soient nés et sauvés pour que la fin arrive ?
     
    Posté le 6 Septembre 2009 à 07h37
    Cher frère, Dieu qui connaît tout chose a l'avance,il savait avant même notre naissance, que nous accepterions par la foi,que son Fils Jésus Christ payerait en totalité notre propre châtiment pour le salut de notre âme,pouquoi vous étonnez vous d'entendre de la bouche de Dieu que celui-ci est Omniscien Le mot omniscien vient du latin et signifie : « connaissance de tout ».Allors pourquoi ces vaines discutions sur la prédestination.
     
    Posté le 20 Août 2009 à 11h40
    Je suis parfaitement d'accord avec l'auteur de cet article.Car quoi? Nous pouvons parfaitement comme le dit l'Ecriture tordre le sens de passages difficiles à comprendre pour nous égarer.Je crois qu'il est parfaitement incohérent d'attribuer à Dieu la responsabilité de nos décisions et de ces concéquences.Puisqu'Il nous a doté à la différence des animaux d'une intélligence et non pas simplement d'un instint.A quoi nous sert-il alors? La faculté de choisir repose sur le libre arbitre.Du reste la cohésion reste la regle d'or pour une exégèse qui soit fidèle au à la Vérité scripturaire.QUICONQUE peut CROIRE ou réfuser de croire.C'est bien pour cela que nous prechons l'évangile et la répentence à TOUS les hommes.C'est bien nous qui acceptons ou réfusons la main tendue de Dieu et son amour exprimé par le don de son fils unique.L'enseignement de toute la bible est cohérent à ce sujet.
     
    Posté le 11 Février 2009 à 23h40
    suite: Pouvez vous m'expliquer le mécanisme dans le libre arbitre qui fait choisir pour la grande majorité de l'homme de croire le mensonge au lieu de la Vérité, malgré qu'il est bon par nature, qu'il est suffisament intelligent pour prendre connaissance de la Vérité? Pourquoi par analogie, sachant ce qu'est une bouse de vache et un gâteau, majoritairement il chosit la bouse? Est-ce seulement une question de hasard? Ou n'est-il pas assez intelligent pour faire la différence? Dans l'un comme l'autre cas, il ne peut être blâmé pour son mauvais choix. n'est-ce pas? Je ne connaît personne (mentalement seine) qui base le sens de sa vie sur ce qu'il croit faux! Bonne réflexion
     
    Posté le 11 Février 2009 à 23h38
    Bonjour Je vous cite: Il est à notre avis tellement plus simple de penser que Dieu, ne voulant pas créer un automate ou un robot, mais une créature capable de répondre à son amour par un amour réciproque, a donné à l'homme le droit de choisir librement, s'interdisant par là même toute ingérence ou dirigisme au niveau de la volonté de l'homme. La simplicité n'est pas gage de Vérité. D'ailleurs, le concepte de libre arbitre est purement illusoire. IL y a une différence entre la faculté de faire des choix et d'être libre des faires.
     
    Posté le 6 Août 2008 à 13h07
    Cher frère. Bien entendu, la vérité d'une doctrine ne dépend pas du nombre des ses adherents! Je voulais simplement dire que cette doctrine n'est pas aussi simple qu'il n'y parait, qu'elle n'a pas été inventée par Calvin. Nous faisons tous de notre mieux pour comprendre la parole de Dieu mais nous avons deux mille ans d'histoire de l'église derrière nous et il convient d'être prudent quand on conteste des doctrines qui ont été défendues par beaucoup de grands hommes de Dieu. Au cas ou cela intéresserait certains internautes, j'ai rédigé une critique de votre article qui propose un point de vue opposé. Cela aidera peut-être certains frères dans leur réflexion sur cet important sujet. Le document est disponible sur: myweb.tiscali.co.uk/simabb/predes.htm
     
    Posté le 6 Août 2008 à 09h46
    Nul besoin, cher frère, d'être "stupide" ou de "mauvaise foi" pour être dans l'erreur ! Quant au nombre impressionnant de ceux qui le sont, il ne prouve rien, convenez-en ! Certaines religions dites chrétiennes, tout en enseignant des doctrines antiscripturaires, peuvent vous présenter des milliers d'hommes et de femmes remarquables. Cela ne justifie en rien leurs doctrines erronées.
     
    Posté le 5 Août 2008 à 12h30
    Article intéressant. Etant "calviniste" moi-même, je ne suis pas d'accord avec l'analyse et les commentaires de cet article. Dommage qu'il ne soit pas possible d'y répondre. A lire cet article, il semblerait que la conception "calviniste" de la prédestination soit tellement contraire à la Bible et au bon sens que les calvinistes doivent être bien stupides ou de mauvaise foi. On se demande pourquoi tant d'hommes de Dieu exceptionnels dans l'histoire de l'église y ont adhéré. Peut-etre parce que cette doctrine n'est pas si contraire au bon sens et à l'Ecriture et que les choses sont plus compliquées qu'elles n'y paraisseent?