Rappel de la première partie.
La prière qui apporte la libération existe (Psaume 31/16).
Peut être considérée comme libérée la personne qui n'est plus oppressée par le fardeau de sa situation ou l'esclavage « du » ou « d'un » péché.
Elle est libre par le fait que cette situation n'exerce plus sur elle un pouvoir qui l'asservit en l'écrasant de sa pesanteur ou bien que « ce » péché est dominé malgré la tentation qui peut encore subsister.
La prière n'est pas le seul élément qui apporte la libération, mais il faut apprendre à la pratiquer eu égard au rôle important qu'elle a à jouer.
Cette prière obéit à des règles et elle ne doit surtout pas s'apparenter à ce que Dieu appelle des « prières vaines ».
Elle est un refuge et non une échappatoire pour tenter d'évincer des prises de responsabilités et de position qui seraient la clé pour résoudre certaines difficultés.
Avant d'être en mesure de faire cette prière, il est indispensable d'avoir foi dans l'amour de Dieu et dans sa volonté de « libérer les captifs ».
Il va falloir revenir sur des éléments rappelés ci-dessus pour poursuivre le développement du sujet et ajouter d'autres réflexions indispensables à cet enseignement.
Celui qui prie la prière qui apporte la libération a identifié son besoin.
Savoir juger ses propres réactions.
Il est fondamental d'apprendre à connaître et à admettre vers quelles tendances chacun est porté.
Il est important de s'examiner soi-même et d'évaluer pourquoi l'on a telle ou telle réaction.
Cette introspection nous place sur la voie de « la prière qui apporte la libération ».
1 Rois 17/18 : Cette femme dit alors à Élie : Qu'y a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour rappeler le souvenir de mon iniquité, et pour faire mourir mon fils ?
Cette réplique de la veuve de Sarepta sur laquelle nous revenons est symptomatique et révélatrice de certains types de comportements.
La manière de réagir de cette femme devant son épreuve, le fait qu'elle fasse une relation de cause à effet entre ce qui a frappé son fils et une iniquité qu'elle aurait commise dans le passé révèlent une souffrance intérieure, un refoulement et une profonde angoisse de culpabilité non résolue.
Ces « blessures » non guéries se manifestent sous la forme d'une grande agressivité envers le prophète qui se voit accusé d'intentions qu'il n'a pas.
Les personnes qui sont systématiquement enclines au jugement et à la critique sont souvent des personnes qui n'ont pas résolu des problèmes profonds.
Soit qu'elles les ignorent tout en étant de bonne foi, soit qu'elles les nient et les cachent ou qu'elles ne veulent pas les admettre.
Proverbes 28/13 : Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde.
Nous avons déjà dit dans la première partie que ces blocages pouvaient venir de l'orgueil de la mauvaise foi ou bien de fausses conceptions, surtout parmi les chrétiens chez lesquels circulent des idées erronées qui laisseraient sous-entendre que la conversion a tout réglé d'un coup et que la spiritualité consisterait à ne plus affecter aucune émotion ni souffrance, sous peine de manquer de foi et d'être culpabilisé.
Il faudrait revoir l'enseignement apporté sur « la culpabilité » du 13 février 2001.
Savoir admettre que nous avons des émotions.
Entre faire une idole de la psychologie et la refuser, il y a un équilibre à trouver.
Nier les émotions, c'est nier que l'homme soit un homme, donc un être humain.
D'ailleurs, même Dieu est capable de s'émouvoir.
Il ressent l'amour, la compassion, la souffrance, le dégoût ou d'autres sentiments qui dépendent du comportement des hommes.
Dans ce sens, son âme ressent des émotions.
Lévitique 26/30 : Je détruirai vos hauts lieux, j'abattrai vos statues consacrées au soleil, je mettrai vos cadavres sur les cadavres de vos idoles, et mon âme vous aura en horreur.
Ésaïe 42/1 : Voici mon serviteur, que je soutiendrai, mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J'ai mis mon esprit sur lui ; il annoncera la justice aux nations.
Deutéronome 3/23 : En ce temps-là, j'implorai la miséricorde de l'Éternel…
Matthieu 9/36 : Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle, parce qu'elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n'ont point de berger.
Zacharie 8/17 : Que nul en son cœur ne pense le mal contre son prochain, et n'aimez pas le faux serment, car ce sont là toutes choses que je hais, dit l'Éternel.
Certaines personnes expriment leurs émotions, d'autres ne les expriment pas.
La véritable question n'est pas là, mais il faut essayer de comprendre en quoi elles exercent des pressions dont il faudrait être affranchi.
Savoir comprendre le sens des émotions.
Il faudrait se garder de penser que les émotions dites « négatives » sont à rejeter systématiquement et qu'il faut en être libéré sans chercher à aller plus loin dans la réflexion.
Prenons le cas de la honte.
Elle est désagréable et ceux qui vivent sous sont joug doivent se demander avant tout d'où elle vient.
Elle peut être un symptôme pathologique venant d'une conscience faible qui est culpabilisée sur tout et à l'égard de tout, mais à mauvais escient.
Ceci peut venir du caractère propre de la personne et de ses tendances naturelles ou de son éducation.
(série sur la conscience donnée à Bordeaux en septembre et octobre 1992)
Tite 1/15 : Tout est pur pour ceux qui sont purs ; mais rien n'est pur pour ceux qui sont souillés et incrédules, leur intelligence et leur conscience sont souillées.
Les conséquences de cette tendance et de cette propension à la culpabilisation se répercutent dans l'image de soi, les relations avec les autres, la famille et le couple.
Par exemple, l'acte sexuel accompli dans le mariage peut être considéré à tort comme un acte répugnant et répréhensible, avec tout ce que cela implique comme conséquences fâcheuses pour la solidité du mariage.
Il est important de demander à Dieu la libération de cette forme de honte, car elle est injustifiée et source de souffrance.
Cependant, il existe une forme de honte qui est différente et dont on ne peut être libéré qu'après s'être repenti et avoir reçu le pardon divin par la foi en Jésus-Christ.
La conviction de péché crée un sentiment de honte légitime et vouloir en être libéré ipso facto sans avoir accepter qu'elle soit indispensable au salut serait une attitude dangereuse et indéfendable.
Celui qui a péché doit « faire la prière de la repentance et de la foi » pour que cette prière soit aussi « la prière qui apporte la libération. »
Le passage par le sentiment de honte est obligatoire pour parvenir à la repentance, même si c'est une étape désagréable.
Psaume 32/3 : Tant que je me suis tu, mes os se consumaient, je gémissais toute la journée.
Psaume 39/3 : Je suis resté muet, dans le silence ; Je me suis tu, quoique malheureux ; et ma douleur n'était pas moins vive.
Psaume 32/5 : Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité ; j'ai dit : j'avouerai mes transgressions à l'Éternel ! Et tu as effacé la peine de mon péché. Pause. Qu'ainsi tout homme pieux te prie au temps convenable ! Si de grandes eaux débordent, elles ne l'atteindront nullement.
« La pause » peut se comprendre comme étant cet apaisement et cette libération tant attendus.
Ésaïe 58/8 : Alors ta lumière poindra comme l'aurore, et ta guérison germera promptement ; ta justice marchera devant toi, et la gloire de l'Éternel t'accompagnera. Alors tu appelleras, et l'Éternel répondra ; tu crieras, et il dira : me voici ! Si tu éloignes du milieu de toi le joug, les gestes menaçants et les discours injurieux.
Psaume 51/9 : Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige. Annonce-moi l'allégresse et la joie, et les os que tu as brisés se réjouiront. Détourne ton regard de mes péchés, efface toutes mes iniquités… O Dieu ! Crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé. Rends-moi la joie de ton salut, et qu'un esprit de bonne volonté me soutienne !
Il faudrait pouvoir tenir le même type de raisonnement avec le sentiment de peur, de regret, de remords.
Ou bien il s'agit de sentiments obligatoirement et toujours négatifs à 100%, ou bien il s'agit d'émotions indispensables introduisant à une expérience salutaire.
Avant de « prier la prière de libération », il faudra avoir examiné ces considérations tout en demandant à Dieu la lumière pour faire une analyse objective.
Dans ce domaine comme dans bien d'autres, le discernement est indispensable.
Parfois, il ne se perçoit pas immédiatement, c'est pourquoi il est nécessaire de persévérer en faisant connaître à Dieu tous nos besoins par la prière en prenant le temps de la faire (revoir le sujet « la prière qui apporte la paix »).
Parfois aussi, le trouble et l'absence de paix peuvent être des signaux avertisseurs d'un danger.
Ils s'avèrent prémonitoires pour un chrétien rempli de l'Esprit.
Actes 16/7 : Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à entrer en Bithynie ; mais l'Esprit de Jésus ne le leur permit pas.
Actes 20/23 : de ville en ville, l'Esprit-Saint m'avertit que des liens et des tribulations m'attendent.
Savoir admettre également que le péché nécessite une libération.
Romains 7/24 : Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? …
Dans ce contexte, Paul évoque la puissance de l'Esprit qui libère et qui affranchit de la loi du péché.
Mais il ne faut pas perdre de vue que le Saint Esprit agit dans la vie des personnes qui prient et qui demandent la victoire.
La libération du péché leur est accordée au prix de « la prière qui l'apporte ».
Celui qui prie la prière qui apporte la libération est honnête.
Cette règle s'applique à tous les domaines de la vie spirituelle et elle concerne la relation avec Dieu, avec soi-même et avec ceux qui prient et qui intercèdent pour que nous expérimentions la libération.
L'honnêteté requise s'apparente à de la sincérité, à une attitude vraie, à de la droiture et à de la franchise.
La prière ne doit pas être semblable à un paravent derrière lequel on se cacherait pour tenter de prouver que l'on est spirituel.
À elle seule, elle n'est pas la preuve de la spiritualité, car même les païens sont capables de prier.
C'est le piège de la religiosité.
La prière n'est pas un camouflage qui pourrait laisser croire que l'on est ce que l'on n'est pas.
Jacques 1/22 : Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l'écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements.
« Seulement ne vous bornez pas à l'écouter ; traduisez-la en actes, sans quoi vous risquez de vous faire illusion sur vous-mêmes. » (Parole vivante)Celui qui se dissimule derrière un langage « spirituel » est assuré de ne pas être libéré tant qu'il demeurera dans cette attitude.
L'honnêteté inspire la prière qui va droit au but.
Psaume 51/5 : Car je reconnais mes transgressions, et mon péché est constamment devant moi. J'ai péché contre toi seul, et j'ai fait ce qui est mal à tes yeux, en sorte que tu seras juste dans ta sentence, sans reproche dans ton jugement. Mais tu veux que la vérité soit au fond du cœur : fais donc pénétrer la sagesse au-dedans de moi ! Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige.Psaume 32/5 : Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité ; j'ai dit : j'avouerai mes transgressions à l'Éternel ! Et tu as effacé la peine de mon péché. Pause.Encore « une pause » qui prend tout son sens !Il ne peut pas y avoir de libération sans confession, sinon, c'est se condamner soi-même à rester dans le refoulement et dans la frustration.Ce principe s'applique aussi à tout ce qui pourrait constituer une oppression, la crainte, l'angoisse, la peur, le souci, l'amertume, la hantise du passé qui obsède…2 Samuel 1/26 : Je suis dans la douleur à cause de toi, Jonathan, mon frère ! Esdras 9/6 : je dis : Mon Dieu, je suis dans la confusion, et j'ai honte, ô mon Dieu, de lever ma face vers toi ; car nos iniquités se sont multipliées par-dessus nos têtes, et nos fautes ont atteint jusqu'aux cieux.Psaume 4/2 : Quand je crie, réponds-moi, Dieu de ma justice ! Quand je suis dans la détresse, sauve-moi ! Aie pitié de moi, écoute ma prière !Psaume 31/10 : Aie pitié de moi, Éternel ! car je suis dans la détresse ; j'ai le visage, l'âme et le corps usés par le chagrin.Psaume 56/4 : Quand je suis dans la crainte, en toi je me confie.Jérémie 8/21 : Je suis brisé par la douleur de la fille de mon peuple, je suis dans la tristesse, l'épouvante me saisit.
En d'autres termes, c'est le sens de : Philippiens 4/6 : Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ.En le disant avec des mots plus que familiers, « la prière qui apporte la libération ne tourne pas autour du pot ! »
Ce qui arrive si on ne le fait pas.
Il faut alors revenir sur l'exemple évoqué dans le premier sujet.Le comportement de Saül est là pour confirmer que la prière qui apaise pour un temps ne peut avoir qu'un effet provisoire et éphémère, surtout quand c'est celle d'un autre !1 Samuel 16/14 : L'esprit de l'Éternel se retira de Saül, qui fut agité par un mauvais esprit venant de l'Éternel. Que notre seigneur parle ! Tes serviteurs sont devant toi. Ils chercheront un homme qui sache jouer de la harpe ; et, quand le mauvais esprit de Dieu sera sur toi, il jouera de sa main, et tu seras soulagé.1 Samuel 16/23 : Et lorsque l'esprit de Dieu était sur Saül, David prenait la harpe et jouait de sa main ; Saül respirait alors plus à l'aise et se trouvait soulagé, et le mauvais esprit se retirait de lui.Mais la suite montre que ce mauvais esprit que Dieu avait autorisé à tourmenter Saül à cause de sa désobéissance, c'est le sens du texte, provoquait de nouvelles crises et la violence reprenait le dessus.1 Samuel 18/10 (lire aussi 19/9) : Le lendemain, le mauvais esprit de Dieu saisit Saül, qui eut des transports au milieu de la maison. David jouait, comme les autres jours, et Saül avait sa lance à la main.
La prière qui apporte la libération est la prière de la foi.
Un texte important.
Jacques 5/13 : Quelqu'un parmi vous est-il dans la souffrance ? Qu'il prie. Quelqu'un est-il dans la joie ? Qu'il chante des cantiques. Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les anciens de l'Église, et que les anciens prient pour lui, en l'oignant d'huile au nom du Seigneur ; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s'il a commis des péchés, il lui sera pardonné. Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière fervente du juste a une grande efficace.Contrairement à ce que certains supposent, ce qui est enseigné ici n'a rien de magique.
Il s'y trouve un condensé de ce que nous avons dit sur « la prière qui apporte la libération ».L'onction d'huile n'agit pas par sa vertu propre.
Quelques principes.
Si celui qui souffre prie, il peut être libéré de son oppression et parvenir à la joie.Celui qui est « malade » est celui qui est faible (grec : « asthénique »).Il a prié et demande la prière dans les conditions de confession et d'honnêteté conseillées auparavant.« La prière de la foi sauvera le malade ».C'est le verbe qui signifie « guérir et sauver, délivrer » qui est employé et le malade est « celui qui est las ».Ce qui est promis concerne donc un relèvement plus que physique.Il peut être moral et spirituel et l'onction d'huile n'est que porteuse d'un symbole, celui de la puissance et de la douceur de l'Esprit Saint.
Ne jamais oublier l'amour de Dieu.
Comme nous l'avons souligné en première partie, la foi et l'acceptation de l'amour de Dieu sont des éléments indispensables à « la prière qui apporte la libération », car celui qui prie s'approche avec assurance du trône de la grâce, assuré qu'il est de trouver en Dieu de la compassion et de la miséricorde.1 Jean 4/18 : La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour. Pour nous, nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier.Hébreux 4/16 : Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins.
Cet amour divin est à :
- Connaître.- Croire.- Accepter.- Recevoir.1 Jean 4/16 : Et nous, nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.Décision.Je m'approche de Dieu pour « prier la prière qui apporte la libération » sur le ou les domaines suivants : _________________________________________________________________