L'ingratitude
Par Jean-Claude Guillaume  |  1 commentaire  |  Lu 4950 fois
       
 

Cher Pasteur,

Cette semaine, je voudrais parler avec toi d'un fardeau qui est parfois bien lourd à porter, et qui, malheureusement, n'est pas rare dans la vie d'un serviteur de Dieu. Il s'agit de l'ingratitude que l'on peut témoigner à notre égard.

Non que nous soyons à la recherche des compliments flatteurs et des manifestations d'appréciation dithyrambiques ! Notre modestie ne s'y trouverait pas à l'aise, et comme dit Jésus au sujet des hypocrites dans Matthieu 6, "nous recevrions notre récompense !"

Mais voir méprisés nos efforts à bien faire, notre empressement à servir, ou notre sollicitude envers autrui, est, je le répète, une peine lourde à porter. Cela peut venir d'un membre de notre famille qui montre une désinvolture juvénile ; d'une sœur ou d'un frère de l'église qui ne se rend peut-être pas compte de la somme d'efforts que nous lui avons consacrée ; parfois même d'un pasteur aîné qui se méprend sur les motivations de son stagiaire. Les sources d'ingratitude peuvent être nombreuses.

Le cœur humain présente une certaine propension naturelle à l'ingratitude. Et cela provient de ce que l'on a tendance à appliquer à outrance le fameux dicton (non biblique !) "Charité bien ordonnée commence par soi-même". S'il est vrai qu'il contient quelque sagesse, il est souvent vécu comme "Moi pour commencer, Moi pour continuer, et Moi en fin de compte". Des expériences douloureuses et traumatisantes de la vie peuvent faire que certains deviennent centrés sur eux-mêmes ; ils développent alors facilement un esprit d'exigence à l'égard des autres. Ce qu'on leur offre, amour, compréhension, et même sacrifices, devient un dû. Et là on est en pleine ingratitude.

Dans mon expérience pastorale de plus d'un demi siècle, j'ai souvent été en butte à l'ingratitude. On met tout son cœur à aider quelqu'un, parfois même au détriment de sa propre vie familiale ; on passe des heures et des heures à écouter, conseiller, encourager, sans épargner sa peine ; on se dérange parfois en pleine nuit d'hiver. Mais en définitive on récolte la critique au lieu de la reconnaissance.

C'est alors le moment de s'examiner soi-même, de sonder ses motivations profondes. Je suis serviteur de Dieu, et mon service doit être un service d'amour : "rendez-vous, par l'amour, serviteurs les uns des autres" (Gal. 5.13). Si je ressens la morsure de l'ingratitude, n'est-ce pas parce que je m'arroge le droit à la reconnaissance ? N'est-ce pas mon amour-propre qui est blessé ?

Bien entendu, il est plus agréable et encourageant d'être l'objet de la reconnaissance que de l'ingratitude d'autrui. Mais qu'en est-il de notre propre gratitude envers le Seigneur qui nous a tout donné ?

"Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Et soyez reconnaissants." (Col. 3.15)

 

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Vos commentaires (1)

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Posté le 11 Septembre 2009 à 00h38
Ce message est daté de 2004.Mais il parle tellement encore aujourd'hui parce que son thème est intemporel.Il invite à la réflexion.L'ingratitude est-elle à ce point inhérente à la nature humaine au point de ne plus la considérer comme un péché? En effet,nous meme l'avons été bien trop souvent à l'égard de notre Créateur et Sauveur qui nous donne tout par bonté.A lui soit la gloire.Lui dont les compassions ne sont pas à leur termes et dont les bontés se renouvellent chaque matin.Pardonne-moi Seigneur pour toutes les fois où j'ai été ingrat envers toi.La douleur que je ressens quand je suis victime d'ingratitude me renseigne.