Il y a quelques années, j'étais au Canada pour assister à des rencontres destinées aux pasteurs, aux missionnaires et à tous les hommes et femmes du monde Francophone, engagés dans un service pour Dieu. L'objectif était d'encourager, et de renouveler notre vision et notre foi en la puissance de Dieu pour exaucer ses promesses.
Pour ce faire, les organisateurs eurent une idée que je trouve encore aujourd'hui extraordinaire.
Ils choisirent d'honorer la mémoire de grands serviteurs de Dieu aujourd'hui disparus qui avaient oeuvré partout dans le monde pour l'évangélisation de la francophonie.
Vinrent sur l'estrade, les membres de leurs familles encore en vie, pour recevoir en hommage à leurs parents, un symbole de la reconnaissance que les peuples évangélisés avaient à leur égard pour leur avoir apporté la Parole de vie.
Puis ce fut le tour de serviteurs encore en vie mais retraités, qui avaient eux aussi servi dans les parties éloignées de la Francophonie, de recevoir un hommage à leur obéissance à l'appel de Dieu.
L'ensemble de cet évènement fut spirituellement et émotionnellement extrêmement fort.
Des larmes coulèrent de part et d'autre, et surtout, partout se ressentit un renouvellement puissant du désir de servir et de suivre l'exemple de nos illustres aînés, qui allèrent jusqu'au bout de la carrière que Dieu avait placée devant eux.
Nous ne vîmes ce soir là, qu'humilité de la part des récipiendaires et une grande gloire rendue à Dieu, le Maître de la moisson et des ouvriers.
Emu, je me penchais vers mon voisin, ancien missionnaire, pour lui confier mon regret qu'à l'époque, nos responsables de France n'aient pas eu les premiers cette idée d'honorer ceux qui étaient sortis de leur sein pour obéir à l'appel du Maître. Il acquiesça et me fournit une explication: «Nous ne savons pas honorer ceux qui ont servi fidèlement, me dit-il, par peur de leur donner une occasion de s'enorgueillir, ou de donner l'impression que nous tombons dans le culte de la personnalité. C'est bien triste, ajouta-t-il»
Je crois qu'il avait raison.
Il est essentiel pour donner envie aux jeunes croyants de servir Dieu, de leur montrer des modèles qu'ils veuillent imiter. De tels évènements sont de nature à susciter un appel au service, l'envie de reprendre le flambeau.
Nous avons besoin d'assurer le passage de relais entre générations à une heure où le renouvellement des serviteurs partant à la retraite est de plus en plus difficile. Les raisons sont multiples. Mais le manque d'enthousiasme, faute de modèles à imiter, y est certainement pour beaucoup.
A l'heure de l'uniformisation et du politiquement correct, il est indispensable de donner aux jeunes générations l'occasion de suivre les pas de «héros» qui les ont précédées.
Il faut leur rappeler que la plupart de ces hommes et femmes, étaient à leur époque, des «briseurs de moule». Ils avaient osé aller à l'encontre d'idées reçues et de normes, pour obéir à leur appel. Ils avaient pris des risques et Dieu les avait bénis!
Devons-nous dépeindre un tableau «mirifique» de ceux qui ont servi avant nous ?
Surtout pas ! S'il y a une chose que les jeunes détestent par-dessus tout, c'est l'hypocrisie. Ils savent déceler ceux qui sont «vrais» de ceux qui font semblant ou portent un masque religieux. Oser dire la vérité ne signifie pas les décourager, c'est leur montrer qu'il faut se préparer à relever des défis en comptant sur le soutien de Celui qui les appelle.
La Bible nous montre nombre de héros de la foi avec leurs manquements, ils en restent pourtant toujours des modèles !
Un culte de la personnalité ? Certains le recherchent de leur vivant, ils auront leur récompense. Cependant, cette crainte ne doit pas nous priver de la contagion positive que provoque une foi conquérante.
Non, ceux et celles qui ont tout donné pour la construction du royaume de Dieu ne s'enorgueilliront pas en recevant les remerciements de leurs pairs. Ils seront à l'inverse bénis et touchés d'être reconnus, beaucoup de souffrances seront ainsi gommées par la joie de l'amour fraternel.
Pour chaque nation, à chaque génération, Dieu ne cesse de faire se lever des hommes et des femmes qui répondent à son appel, notre pays n'y fait pas exception. Nous avons parmi nous des exemples encore vivants ou récemment disparus de serviteurs dignes d'être honorés et donnés en exemples aux jeunes générations.
Alors qu'attendons-nous ? Apprenons à rendre hommage à ceux et celles qui nous ont précédé. Ce faisant nous nous dédouanerons d'une dette que nous avons envers eux, et en même temps montrerons un chemin à suivre à tous ceux et celles qui interrogent Dieu sur ce qu'ils doivent faire avec leur vie.
«Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d'un double honneur...» 1 Timothée 5:17
«Rendez l'honneur à qui vous devez l'honneur» Romains 13:7
PS: Je dédie cet article à la mémoire de Jean-Claude Guillaume, héros de la foi et modèle pour beaucoup.
